Murat Paksoy,Etem Geylan,İsmail Özdemir,Tuncay Çakmak
13 Janvier 2017•Mise à jour: 14 Janvier 2017
AA - Istanbul - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a affirmé qu'Ankara n’acceptera pas une solution à Chypre qui ne proposera pas un système juste et équitable entre les parties turque et grecque de l’île.
Le Chef de l’Etat a répondu, vendredi, aux questions des journalistes qui le suivaient dans ses déplacements à Istanbul.
Il s’est d’abord exprimé sur les négociations en cours à Genève, sous l’égides Nations Unies, pour la réunification de l’île méditerranéenne.
"Le plan Annan n’est plus d’actualité. Dans ce contexte, il n'est pas question que nous acceptions une gouvernance qui offrirait 4 mandats aux chypriotes grecs et un seul mandat aux chypriotes turcs. Nous avions déjà discuté de cela et ce qui est prévu c'est 2 mandats pour les Grecs et 1 mandat pour les Turcs. C'est cette formule qui est juste", a-t-il insisté.
Le Président Erdogan a regretté l’approche "peu constructive" de la partie grecque et de la Grèce, autre pays garant à Chypre après la Turquie et le Royaume-Uni, qui poursuivent d’autres objectifs alors que la République Turque de Chypre Nord (RTCN), fait preuve de "beaucoup d’efforts et de sincérité".
Par ailleurs, le président turc a ajouté qu’il n’est pas non plus question que les soldats turcs présents sur l’île pour assurer la sécurité et la paix dans la partie nord, quittent Chypre.
"Une solution dans laquelle la Turquie ne serait plus garante n’est pas imaginable. De plus, comme convenu auparavant, l’île comprendra 950 soldats grecs et 650 soldats turcs. Pas question de retirer l’ensemble de nos soldats", a-t-il poursuivi.
Il est ensuite revenu sur les discussions au parlement turc au sujet de la proposition de réforme constitutionnelle présentée par le Parti de la Justice et du Développement (AK Parti) et soutenue par le parti d’opposition Parti d’Action Nationaliste (MHP).
"Les huit premiers articles du texte ont été adoptés, plus ou moins dans le calme. Il faut maintenant que les autres points soient traités dans le calme et dans le respect des traditions démocratiques (en allusion aux débats houleux et aux disputes entre les députés)", a-t-il commenté.
Selon le Président Erdogan, les dix autres articles de la proposition devraient être adoptés au cours de la semaine prochaine et ensuite le projet de réforme pourra être soumis à la volonté du peuple via un référendum.
"La volonté du peuple sera notre décision et nous devrons tous la respecter", a-t-il ajouté.
Pour finir, Recep Tayyip Erdogan a souhaité s’exprimer sur la volatilité des cours des devises de ces dernières semaines.
"Nous analyserons à nouveau la situation la semaine prochaine avec les ministres du gouvernement concernés et avec mes collaborateurs à la présidence. Il n’y a pas de quoi avoir peur. Mais je tiens cependant à renouveler mon appel à notre peuple pour qu’il échange ses devises étrangères contre notre monnaie nationale. Ainsi, nous pourrons rassurer les marchés", a-t-il dit.