AA/Ouagadougou(Burkina Faso)/ Lougri Dimtalba
En prélude aux négociations d'Alger avec Bamako le 1er septembre prochain, les groupes rebelles azawadiens du Nord ont signé jeudi une feuille de route qui leur servira de plateforme de revendication commune.
Le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l'unité de l'Azawad(HCUA), les deux branches du Mouvement arabe de l'Azawad(MAA), la Coalition des peuples de l’Azawad, la Coordination des Mouvements et Forces patriotiques de résistance (CM-FPR) ont signé, à l’issue d’une rencontre entamée mardi, une déclaration finale stipulant « l’arrêt des hostilités et toute forme de violence entre tous les fils de l’Azawad ».
Les groupes signataires du document reconnaissent également « la légitimité de la lutte que mène le peuple de l’Azawad /Nord-mali depuis plus de 50 ans » et s’engagent à lutter par tous les moyens pour que « l’Azawad jouisse d’un statut juridique conforme à ses spécificités » et ce « dans l’intérêt supérieur de toutes ses composantes »
Ces groupes ont convenu, aussi, de définir ultérieurement et dans les meilleurs délais « des commissions Ad hoc qui travailleront à la concrétisation de l’unité et de la stabilité de l’Azawad /Nord-Mali »
Les représentants des principaux groupes armés maliens de l'Azawad se sont rencontrés de mardi à jeudi à Ouagadougou (Burkina Faso).Cette rencontre, la première du genre, est censée leur permettre d’accorder les violons avant la reprise des pourparlers inter-maliens inclusifs, le 1er septembre prochain, avec le gouvernement de Bamako, à Alger.
Tous ces mouvements touaregs et arabes revendiquent un «statut juridique» de l'Azawad (Région du Nord Mali dont des groupes rebelles touaregs revendiquent l'indépendance NDLR).
« Ce qui nous guide tous ici, c'est l'intérêt du peuple azawadien (Azawad, appellation du Nord mali par les touaregs). Il nous appartient de pérenniser cette union qui va de notre honneur et de notre dignité. » a déclaré à Anadolu, Alhabass Ag Intalla, Secrétaire Général du Haut conseil de l'unité de l'Azawad (un des mouvements touaregs) et coordonnateur des mouvements politico-militaires de l'Azawad/Nord Mali (un mouvement qui comprend le MNLA, le HCUA et CMFPR 2 (Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance)
Les négociations de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés, qui devaient se tenir le 17 août ont été reportées et vont reprendre le 1er septembre à Alger dans le cadre d'une feuille de route signée par les deux parties fin juillet.
« Nous avons juste parlé de notre unité sans entrer dans les détails de la rencontre d'Alger. Ce qui nous préoccupe c'est d'avoir un statut juridique et politique pour le territoire de l'Azawad » a indiqué à Anadolu, le Pr Ahmed Ould Sidi Mohamed, coordonnateur des mouvements politico-militaires de l'Azawad (un mouvement qui comprend la CPA, le MAA et le CMFPR (groupe scindé en deux composantes donc le CMFPR 1 et 2 tous présents à cette rencontre).
Selon M. Alhabass Ag Intalla, tous les groupes présents ont reconnu « la légitimité de la lutte que mène le peuple de l'Azawad . « La lutte que mène notre peuple n'a jamais abouti à une solution juste, globale et définitive » s'est confié Alhabass Ag Intalla à Anadolu.
La plateforme revendicative commune
Selon le Pr Ahmed Ould Sidi Mohamed, les négociations ont juste porté sur l'unité d'action des différents groupes rebelles. Pour lui, il était important pour tous les mouvements d'avoir un minimum « d'unité » avant la rencontre d'Alger. « Nous avons juste parlé de notre union sans trop entrer en détail. Nous revendiquons tous un statut juridique de l'Azawad et nous y tenons dans l'intérêt de nos populations » a-t-il déclaré à Anadolu.
Malgré une zone sous contrôle de la MUNISMA et des forces françaises de l’opération Barkhane, le Nord- Mali est en proie à des attaques suicides, la dernière en date ayant tué deux sous-officiers burkinabè de la MUNISMA.
Chassés des principales villes du nord malien début janvier 2013, après l’intervention française, les groupes armés liés à Al-Qaeda, notamment Ançar Dine et le MUJAO (Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest), qui s’étaient emparés de tout le septentrion malien en 2012, ont gardé, néanmoins, une présence embryonnaire. Ils reviennent à la charge de temps à autre par des attaques visant les forces internationales présentes au Nord-Mali (Minusma, forces françaises) ou les groupes rebelles touaregs.
Autant cet accord sert de plateforme de revendication commune pour les négociations avec le pouvoir central malien autant il renforce l’unité des mouvements touaregs de l’Azawad contre le MUJAO et Ançar Dine toujours actifs dans cette zone et aspirent à un retour progressif sur la scène.