Hafawa Rebhi
17 Août 2017•Mise à jour: 17 Août 2017
AA / Ninive (Irak) / Mohammed Walid
Les coupures d'électricité et la hausse des températures aggravent la crise de la décomposition des corps dans les morgues du département de médecine légale dans le nord-est de Mossoul, chef-lieu de la province de Ninive, a alerté jeudi une source médicale irakienne.
Mohannad Said, un fonctionnaire du département de Santé de Ninive a rapporté à Anadolu, des scènes morbides dans les morgues de la ville, où s’entassent des centaines de cadavres de gens morts sous les décombres ou dans les combats.
« Les mauvaises odeurs émises par les dépouilles en dégradation représentent une menace pour l’environnement dans la région», a-t-il mis en garde.
Selon ce fonctionnaire du ministère de la Santé, le département des produits pétroliers (relevant du ministère du Pétrole) a suspendu la part du carburant des services de santé de la province de Ninive et des centres de santé de la ville de Mossoul, depuis près de 20 jours.
En cas de pénurie d’hydrocarbures à Mossoul, le département des produits pétroliers coupe souvent,ou suspend, la part de carburant allouée aux générateurs d'électricité dans les services gouvernementaux, dispositifs indispensables durant les coupures répétitives d’électricité.
Faute de carburant, les services sanitaires ne sont donc pas parvenus à faire démarrer les générateurs électriques alimentant les morgues, qui se sont trouvées débordées par la crise des cadavres en décomposition.
Le département de médecine légale de la province de Ninive a été créé dans la partie est de Mossoul, peu après la libération de la ville en janvier dernier, en remplacement du complexe médical de la partie ouest, réduit à un tas de gravats durant les combats contre Daech.
Depuis, le département reçoit au quotidien des dizaines de cadavres de personnes disparues et inconnues, tombées pendant les combats qui ont duré environ neuf mois.
Le 10 juin dernier, le Premier ministre irakien, Haidar al-Abadi, avait annoncé la libération de la ville de Mossoul et la fin du règne de Daech qui l’a considérée pendant deux ans comme son principal bastion en Irak.