Hani al-Chaer
01 Octobre 2018•Mise à jour: 02 Octobre 2018
AA/ Khan Younes
Les camarades de classe de Nasser Mesbah sont sous le choc. Les élèves de l’école primaire Abdelkrim el-Karmi, à Khan Younes dans le sud de la Bande de Gaza, n’ont pas pu reprendre les cours, deux jours après le martyr du garçon de 12 ans, sous les tirs de l’armée israélienne.
Des psychologues leurs sont venus en aide, pour tenter de les sortir de leur état de choc.
Nasser Azmi Mesbah, 12 ans, originaire du village de Abssan el-Kebira, à l’Est de Khan Younes, est tombé en martyr vendredi dernier, lors des marches du Retour, sous les balles d’un sniper israélien.
Le jeune garçon avait l’habitude d’accompagner aux marches du Retour ses deux sœurs, Islam et Douaa, qui aident à secourir les blessés.
Quelque 34 enfants sont tombés en martyrs sous les tirs israéliens depuis le déclenchement des marches du Retour, le 30 mars dernier. Au total 193 martyrs palestiniens sont tombés dans le cadre de ces événements.
L’élève Dhia Abou Khatti, s’est assis dans la classe les bras croisés, à une table du premier rang, avant d’éclater en sanglot.
Il a déclaré au correspondant d’Anadolu : « le jour de ses funérailles, samedi, il devait venir chez moi pour m’aider dans mes leçons. C’était mon meilleur ami ».
« Je lui demandais de se tenir éloigné des frontières pour qu’il ne soit pas abattu par les forces de l’occupation, comme ils ont tué d’autres enfants avant lui».
Pour sa part, Kamal Al-Najjar, professeur de sciences de 50 ans, évoque lui aussi le souvenir de son élève.
"Nasser était fort dans les matières scientifiques. Il m'a dit qu'il voulait devenir chirurgien", a-t-il déclaré.
La mère de Mesbah, Sameh (41 ans), est anéantie par le chagrin.
« Mon fils n'était pas comme les autres enfants", affirme-t-elle.
Elle a déclaré à l'Agence Anadolu "Mon fils a appris par cœur le Saint Coran en entier. En classe, il était toujours parmi les premiers. Il était aussi passionné de sport ».
« Il a insisté pour accompagner ses sœur, pour leur venir en aide, dans leurs tâches de secouristes », a-t-elle ajouté.
La mère a déclaré qu'elle ne croyait pas que son fils pouvait être tué par l'armée israélienne parce qu'il ne portait pas d'arme et aidait à secourir les blessés.
« La balle qui l’a atteint à la tête a été tirée intentionnellement par un tireur d’élite. Je mets au défi l'occupation de publier une photo de lui, révélant qu’il constituait une menace », a-t-elle martelé.
Avant de s’interroger : « Comment la main d’un petit enfant pourrait-elle atteindre un sniper retranché dans une caserne militaire » ?
L’armée israélienne a tué sept Palestiniens, dont deux enfants, vendredi dernier, lors de leur participation aux marches de retour.
Selon le ministère de la Santé, plus de 500 Palestiniens ont été blessées, dont 90 balles réelles.
Le porte-parole du ministère palestinien de la Santé, Achraf el-Qodra, a déclaré que la nature des blessures indique que l’occupation a directement visé des points mortels.