Sanaa Ou Amir Ahamada
17 Avril 2026•Mise à jour: 17 Avril 2026
AA / Istanbul / Sanaa Amir
Emmanuel Macron a défendu une série de futurs textes visant à mieux encadrer les réseaux sociaux et à renforcer la protection du débat démocratique face aux dérives numériques, lors de son discours devant 500 nouveaux maires élus.
« Nous allons prendre toute une série de textes pour permettre de mieux protéger le débat démocratique des vicissitudes des réseaux sociaux », a-t-il déclaré, estimant que le fonctionnement actuel des plateformes pose un problème majeur de transparence.
Dans son intervention, le chef de l’État a pointé du doigt les algorithmes utilisés par les grandes plateformes numériques. « Aujourd’hui, les algorithmes ne sont pas transparents », a-t-il affirmé, ajoutant que certaines plateformes orienteraient la diffusion des contenus en fonction de leurs sensibilités idéologiques.
Selon lui, ce phénomène est désormais documenté : « C’est établi par des scientifiques que la transparence des algorithmes est la clé de la bataille européenne ».
Le président français a également mis en garde contre l’usage massif de faux comptes dans les campagnes d’influence en ligne. « On peut pousser des contenus dans des campagnes avec des faux comptes », a-t-il souligné, appelant à une réponse coordonnée au niveau européen.
Dans ce contexte, il a proposé d’interdire ces pratiques sur le territoire européen. « L’Europe doit être le premier territoire où on les interdit », a-t-il insisté, qualifiant cette mesure de « révolution » dans la régulation du numérique.
Sur la question de l’anonymat, Emmanuel Macron a adopté une position plus nuancée, estimant qu’il s’agit d’un sujet « beaucoup plus délicat », tout en évoquant la possibilité de lever cet anonymat sous contrôle judiciaire.
Le président a également dénoncé les opérations d’influence coordonnées sur les réseaux sociaux, notamment via des comptes automatisés ou rémunérés. « On se retrouve avec des centaines de milliers de gens qui vous attaquent et disent le pire », a-t-il déclaré.
Enfin, il a évoqué un futur projet de loi et des mesures réglementaires destinés à renforcer la protection des processus électoraux. Ces dispositifs, qui seront présentés par le gouvernement, viseront notamment à mieux lutter contre les ingérences étrangères et à consolider le rôle des institutions de cybersécurité comme le SGDSN et Viginum.
« Il y aura un projet de loi pour améliorer la protection de nos élections contre les ingérences étrangères », a conclu Emmanuel Macron.