AA - Istanbul - Nur Gülsoy
L'organisation parallèle n'est pas une communauté, selon le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu.
Le chef du gouvernement turc a commenté l'actualité du pays, dans une interview sur la chaîne de télévision TGRT Haber, jeudi.
"Nous avons vu combien certaines notions, surtout celle de 'communauté', ont été perverties, a-t-il dit. L'organisation parallèle est-elle une communauté? Non. Voici la distinction. Il y a trois ans, nous fournissions tous nos moyens à cette organisation en la considérant comme une communauté. (...) Par la suite, elle s'est orientée vers un autre objectif en se déguisant en communauté. Elle a tenté d'utiliser l'autorité au nom du peuple, sans son consentement. Ce n'est plus une communauté alors, car son objectif n'est pas de lancer des ponts entre les coeurs des gens mais de dicter une politique au pouvoir élu par le peuple. Nous l'appelons désormais 'organisation parallèle', car elle a perdu les traits de la communauté."
Ahmet Davutoglu a rappelé que l'organisation parallèle a coopéré avec des milieux étrangers, dans le cadre d'une opération secrète à travers le dévoilement des documents secrets de l'Etat.
Des représentants du gouvernement turc accusent certains procureurs et employés de police qui avaient mené l'enquête dans l'affaire de corruption du 17 et du 25 décembre, d'être en relation avec l'organisation parallèle pour des buts d'espionnage. Cette organisation dirigée par le mouvement de Fethullah Gülen aurait infiltré l'Etat turc afin de renverser le gouvernement. Elle a aussi pris pour cible le Parti pour la Justice et le Développement (AKP, au pouvoir) avec l'affaire du 17 décembre. Quatre ministres avaient alors été accusés de corruption et contraints de démissionner.
Le Premier ministre a aussi abordé le processus de résolution, assurant que le gouvernement le poursuivra.
"Les événements du 6-7 octobre ont révélé certaines faiblesses du processus, a-t-il fait savoir. En partant de cette expérience, nous avons constaté un nouveau cadre: il n'y aura rien sans ordre public. Si l'ordre public est menacé, le processus de résolution n'avancera pas. Nos citoyens kurdes à travers le pays, l'ont constaté aussi."
Ahmet Davutoglu a aussi annoncé que le gouvernement entamera un ensemble de lois faciliant le recrutement de soldats pour constituer une armée professionnelle en Turquie.
Il avait annoncé, mardi, l'exemption du service militaire pour les hommes âgés de plus de 27 ans à compter du 31 décembre 2014, en contrepartie de 18 000 livres turques.
En outre, il a signalé de bonnes nouvelles pour l'économie, et déclaré qu'il annoncera huit nouveaux ensemble de réformes économiques.
Davutoglu avait annoncé, début novembre, le Programme de réforme économique du gouvernement, composé au total de 25 programmes et 1200 plans d'action visant à porter le PIB à 1300 milliards de dollars, à réduire le déficit courant à 5,2% et le taux de chômage à 7%, d'ici fin 2018.