Mona Saanouni
22 Décembre 2017•Mise à jour: 22 Décembre 2017
AA/ Astana/ Muhammed Shekh Yusuf
L'opposition syrienne s'est entretenue, vendredi, avec les délégations turque et russe lors des pourparlers d'Astana 8, et a soumis à la délégation russe des documents sur les violations commises par le Régime syrien au cours de la période écoulée.
L’opposition a indiqué, sur ses comptes officiels des réseaux sociaux, avoir assuré à la délégation russe dirigée par Alexandre Lavrentiev que : "la transition vers une solution politique nécessite obligatoirement l’atteinte des objectifs et des points restés en suspens à Astana, notamment la libération des prisonniers et des captifs, les zones de désescalade, la levée du siège et l’acheminement de l'aide humanitaire".
Elle a indiqué que "la délégation russe a souligné le souci de Moscou de présenter les principaux dossiers au cours du round actuel d'Astana et qu’elle s’attend à un processus qui se poursuivra pour résoudre le dossier des détenus, la restitution des dépouilles et la question des disparus ainsi que pour exercer une pression turco-russe afin de parvenir à une solution définitive".
"La solution en Syrie ne dépend ni de Bachar ni de quiconque, et le dialogue syro-syrien devrait être un moyen approprié pour parvenir à une solution définitive", a déclaré l’opposition.
D’autre part, le chef de la délégation russe a également souligné à la délégation de l'opposition "l'importance de l'engagement envers le référentiel de Genève et la mise en œuvre de la résolution 2254".
Lavrentiev a par ailleurs précisé que plusieurs pays ont proposé des listes de noms pour assister à au "Congrès national syrien" qui devrait se tenir à Sotchi, notamment l’Egypte, l’Arabie saoudite, la Turquie, les Emirats arabes unis et la Russie.
L'opposition a soumis à la délégation russe des documents dont celui "du massacre d'Al Assaf dans la ville d’Al-Ghantu dans la campagne de Homs ".
Elle (l’opposition) a également soumis plusieurs documents relatifs aux violations et aux bombardements commis par le régime syrien dans différentes régions.
La délégation de l’opposition n’a pas manqué de soumettre un document relatif aux «fuites audio sur la planification de l'assassinat des dirigeants de l’opération du Bouclier de l'Euphrate» contenant des enregistrements qui montrent les contacts des services de sécurité du régime avec des personnes pour assassiner les dirigeants de l'Armée Libre et créer de la confusion et ce en coopération avec les dirigeants russes sur le terrain, sans préciser la date de l'incident.
Un autre document traitait également de la relation entre l'organisation terroriste PYD et l'organisation terroriste PKK, ainsi que des pratiques et des dérives du PYD dans la région contre la population.
En ce qui concerne la rencontre avec la délégation turque dirigée par le sous-secrétaire adjoint au ministère turc des Affaires étrangères, Sedat Onal, la délégation de l'opposition a souligné que "l'un des principaux points discutés avec la délégation turque consiste en la violation commise dans les zones de désescalade ainsi que les questions techniques liées au déploiement des observateurs turcs, dans la quatrième zone de désescalade (Idleb). "
La délégation de l'opposition a indiqué avoir "discuté avec la partie turque du dossier des détenus, des documents qui s'y rapportent ainsi que du document qui avait été signé au round précédent".
"Une session intensive des négociations serait tenue, vendredi, pour parvenir à un accord sur ce dossier", a-t-elle précisé.
La délégation turque a expliqué s’être focalisée sur "trois points étant en relation avec le Congrès national syrien, à savoir : les personnes invitées, le rôle de l'opposition dans ce Congrès, la relation entre ce Congrès et Genève, ainsi que les résolutions internationales en ce sujet".
Le 8ème round des pourparlers d’Astana sur la guerre en Syrie se poursuit ce vendredi dans la capitale du Kazakhstan, entre les délégations des États garants, à savoir la Turquie, la Russie et l'Iran et les autres parties participantes au milieu des attentes de parvenir à un accord sur les détenus.
Des délégations des Nations Unies, de la Jordanie et des États-Unis en qualité d'observateurs, ainsi que des représentants de pays européens et d'autres pays, prendront part au 8e round de pourparlers d’Astana qui avait débuté jeudi.