AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (HCR) a demandé, vendredi, à la France de présenter un "plan d'urgence" pour la situation des migrants à Calais.
"Le HCR réitère son appel de l'été 2014 pour une réponse urgente, globale et durable en premier lieu par les autorités françaises", peut-on lire dans un communiqué de l'instance internationale paru vendredi. Qualifiant la situation de trois mille de migrants à Calais de "gérable", le HCR a appelé la France à ne pas se limiter à des "mesurettes".
"La mort de dix personnes à Calais montre le désespoir des réfugiés et des migrants en quête d'une protection, ou d'une vie meilleure", a regretté Melissa Fleming, porte-parole du HCR, lors d'une conférence de presse sur la crise des migrants en Europe, tenue vendredi à Genève. La porte-parole est notamment revenue sur les cas de mort des migrants, en hausse depuis le mois de juin, succédant aux tentatives d'intrusion sur le site du Tunnel sous la Manche.
Soulignant que les femmes et les enfants sont en danger de vie et exposés au risque du trafic d'être humain dans la ville portuaire française, Fleming a renchéri, "la situation tragique à Calais nécessite une réponse exceptionnelle".
Selon la porte-parole, les récentes mesures de sécurité, à l'instar du renforcement de la présence policière à Calais, "seraient inefficaces" pour résoudre la situation et "pousseraient les gens à prendre des risques plus grands".
"Personne ne prend les mesures adéquates pour mettre fin à cette situation", a déploré de son côté, Vincent Cochetel, directeur du HCR Europe, invitant les autorités françaises à loger les migrants dans les casernes non occupées dans le pays.
La France a par ailleurs été épinglée par ces deux responsables pour son traitement lent des demandes d'asile, qui exige sept semaines avant de pouvoir enregistrer ces demandes tandis que cette opération s'effectue le même jour de la demande dans plusieurs pays européens.