AA/ Cotonou/ Serge David
Les élections municipales, communales et locales béninoises ont été reportées, sine die, pour des contraintes d’ordre informatique, technique, constitutionnel et légal, a annoncé Ousmane Batoko, président de la Cour suprême, à la télévision nationale.
« Au termes d'échanges approfondis, il apparaît clairement que les élections municipales, communales et locales de cette fin d’année ne peuvent plus se tenir pour diverses contraintes» selon Batoko qui s'exprimait publiquement, lundi soir, à l'issue d'une séance de travail à la présidence de la République en compagnie du chef de l’Etat, Yayi Boni, et les présidents d'institutions étatiques chargées des élections à l'instar de la Cour constitutionnelle et du Conseil d’Orientation et de Supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi).
Parmi les "contraintes d’ordre informatique, technique, constitutionnel et légal" évoquées par le président de la Cour suprême, l'indisponibilité des candidatures à 45 jours de la date de la tenue du scrutin et celle de la liste électorale 60 jours avant la date de l’organisation des élections, en contradiction avec les dispositions du nouveau code électoral.
L'absence de ces "pré-requis" rend impossible la convocation du corps électoral, ainsi qu'en dispose la loi, 90 jours avant la date de la tenue du vote selon Ousmana Batoko. La tenue des élections locales au mois de décembre avait, pourtant, été confirmée, fin août, par Emmanuel Tiando, président de la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA). "Conformément au souhait du Chef de l'Etat, les élections municipales, communales et locales auront lieu bel et bien lieu à la fin de l'année" avait-il alors déclaré.
« La première monture de la liste électorale ne sera disponible probablement que le 30 novembre prochain. Ce qui est contraire à la loi si les élections se tiennent au mois de septembre», a conclu Ousmane Batoko en rassurant quant à la tenue, à bonne date, des élections législatives en 2015 et présidentielle en 2016.
Ce report fait, néanmoins, craindre aux observateurs un report conséquent des élections constitutionnelles législatives et présidentielle.
« Si on est arrivé à trouver des arguments pour reporter sine die les élections municipales, il n’est pas exclu qu’on nous trouve également des arguments pour reporter les législatives en 2015 et les présidentielles en 2016. Nous devons rester vigilants », a dit mardi matin Jacques Ayadji, syndicaliste béninois, sur les ondes d'une radio privée du Bénin, qui a dit craindre que ces atermoiements n'entraînent, à terme, le maintien au pouvoir de Béni Yayi, qui achève en 2016 son dernier mandat constitutionnel.
Selon l'opposition, le président béninois Boni Yayi fait d'un projet d'amendement de la Constitution consistant à déverouiller la limite des deux mandats, "son cheval de bataille afin de préparer le terrain devant la réintégration de la course à la présidentielle".Au pouvoir depuis 2001, le président béninois n’a pas encore officiellement renoncé à ce projet de réforme constitutionnelle, bien qu'il ait été rejeté, en septembre 2013, par la Commission des lois à l’Assemblée nationale.