AA/ Desk/ Tunis
Tous les régimes africains "reconnus" par l'Union africaine (UA), prendront part, le 5 et 6 août à Washington, au sommet Afrique/USA, à quelques exceptions près, constituées de personae non gratae par Washington ou de déclinaisons pour des raisons de santé ou des considérations politiques, selon diverses sources diplomatiques et déclarations officielles recensées par Anadolu.
Parmi les absents pour des raisons de santé figure le président ivoirien Alassane Ouattara et le président algérien Abdelaziz Bouteflika, en raison de considérations politiques figurent le roi marocain Mohamed VI et le président égyptien Abdelfattah Sissi, et en raison de la crise provoquée par l'épidémie de l'Ebola, la Libérienne Ellen Johnson-Sirleaf et le Sierra-Léonais Ernest Bai Koroma, ceux enfin, considérés comme des personna non gratae sont les dirigeants erythréen, zimbabwéen et soudanais.
Les autorités de transition de la République centrafricaine suspendue par l'organisation panafricaine ne prendront ainsi pas part au sommet de Washington. Ayant, en revanche, réintégré, le 27 janvier dernier, les instances de l'UA, après cinq ans de suspension suite à la prise du pouvoir par Andry Rajoelina en 2009, Madagascar a pu faire partie de la liste finale des convives après en avoir été écarté lors de la confection de sa première mouture, publiée quelques jours avant la décision de l'UA.
La situation est comparable concernant les deux autres nouveaux arrivants dans la liste finale, la Guinée Bissau et l'Égypte, qui ont réintégré en juin, l'arène de l'Union Africaine et ont bien été invités par la Maison Blanche. Le président égyptien, récemment élu, Abdelfattah Al-Sissi a, toutefois, décliné l'invitation et son chef de Gouvernement, Ibrahim Mahlab, représentera l'Egypte lors de ce rendez-vous transcontinental.
Les ravages provoqués par le virus Ebola en Afrique de l'Ouest a participé de la reconfiguration de la liste finale des participants. C'est ainsi que la Libérienne Ellen Johnson-Sirleaf et le Sierra-Léonais Ernest Bai Koroma ont renoncé à assister au sommet en raison de la grave crise touchant leurs pays respectifs. Le président guinéen Alpha Condé, dont le pays est pourtant considéré comme l'épicentre de l'épidémie, n'a toutefois pas annulé son deuxième déplacement en quatre ans, sur invitation de la Maison Blanche, où son avion spécial a atterri, samedi, avant qu'il ne soit reçu, dimanche, par Barack Obama.
Bien que s'étant retiré de l'UA depuis 1984, en protestation contre l'admissionen 1982, de "la République arabe sahraouie démocratique" (RASD), le Maroc a bien été convié au sommet de Washington. Des rapports de presse marocains, citant des officiels, excluent, néanmoins, le déplacement du Roi Mohamed VI, en avançant la thèse de la protestation contre "le soutien américain à l'offensive israélienne contre Gaza". Ce serait le Premier ministre, Abdelilah Benkirane, qui est pressenti pour prendre la tête de la délégation marocaine à Washington.
L'Algérien Abdelaziz Bouteflika et l'Ivoirien Alassane Ouattara sont les deux absents du sommet en raison de problèmes de santé. L'Ivoirien s'est déjà fait opérer de la sciatique au mois de février à Paris où il a effectué un séjour médical d'un mois. A 77 ans, le président algérien, quant à lui, s'était déplacé au bureau de vote en fauteuil roulant lors de la dernière élection présidentielle, le 17 avril dernier.
Enfin, trois chefs d'État africains ne sont pas attendus à Washington car considérés comme "personae non gratae". Il s'agit du Zimbabwéen Robert Mugabe, dont l'étiquette anti-occidentale est notoire, l'Erythréen Issayas Afewerki, dont le régime est épinglé comme "autoritaire" par nombre d'ONG, notamment Amnesty International qui a décompté, dans un rapport publié en 2013, plus de 10 000 prisonniers politiques, arrêtés arbitrairement et détenus sans jugement dans des conditions « atroces ». La troisième exclusion concerne le Soudanais Omar el-Béchir, poursuivi par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI).