AA/Houcine Abbas
L’Organisation internationale du travail (OIT) a dénoncé, dans un rapport dont l’Agence Anadolu (AA) a obtenu copie, cinq principales violations des droits auxquelles sont confrontés les travailleurs immigrés.
Les travailleurs sont au nombre de 105 millions à travers le monde, dont 25 millions au Proche-Orient, principalement dans le Golfe, et près de 50% sont des femmes.
La première de ces violations réside dans la saisie du passeport qui empêche son propriétaire de quitter le pays d’accueil, ce qui engendre un marchandage sur leurs salaires et les contraint à se soumettre à l’exploitation.
L’OIT relève, en second lieu, les conditions de travail et de vie déplorables, particuièrement celles des travailleurs non qualifiés. L'organisation internationale pointe du doigt les employés des travailleurs du bâtiment exposés, à longueur d’année, à une chaleur excessive et à une humidité qui leur causent de nombreuses maladies et accidents.
Cette catégorie de travailleurs vit notamment dans la région du Golfe, dans des logements collectifs dénués des conditions nécessaires au repos et à la sécurité.
La troisième violation se situe au niveau des bureaux de recrutements dans les pays d’origine et d’accueil des travailleurs migrants. La situation pénible qu’ils vivent dans leurs pays et leur besoin de travailler les contraint à payer d'importantes sommes d’argent à ces bureaux pour leur assurer un emploi à l’étranger.
Le travail contraignant et la traite des êtres humains apparaissent également dans le rapport. Dépourvus de moyens, en proie aux dettes et ne jouissant pas d'un niveau d’instruction élevé, ces travailleurs immigrés sont souvent victimes de manipulations éhontées de sorte qu’ils se trouvent astreints à des tâches autres que celles convenues au départ.
Selon les estimations, environ 600 000 travailleurs ayant émigrés au Proche-Orient travaillent dans la contrainte. Les pays de la région empochent près de 8,5 milliards de dollars US du fait de cette exploitation.
Le parrainage constitue la cinquième violation. Les violations précédentes ne sont pas des cas isolés, mais découlent essentiellement du système du parrainage en vigueur dans les pays du Golfe, au Liban et en Jordanie. Il lie irréversiblement le travailleur immigré à un seul parrain durant la durée du contrat de travail. Le travailleur ne peut, de ce fait, pas changer d’employeur ou d’emploi ni quitter le pays sans l’accord de son parrain.
La commission des experts de l’OIT en conclut que le système de parrainage finit par soumettre l’immigré au travail contraignant. Quant à l’Union internationale des syndicats, elle le considère comme une forme moderne d’esclavage.
Selon le document, la plupart des travailleurs immigrés au Proche-Orient sont concentrés dans les pays du Golfe où leur nombre atteint environ 14 millions, soit 70% des forces ouvrières. En Arabie Saoudite, ils représentent 53% des employés, au Bahreïn 80%, au Qatar 94% et au Liban environ 25%.
L’exportation de la main-d’œuvre est devenue par ailleurs, une politique commerciale vu les transferts financiers que les travailleurs migrants opèrent vers leurs pays d’origine, essentiellement à leurs familles.