AA - GOMA (RDC) - Gaïus Kowene
Des chauffeurs des pays membres de SADC (Communauté des Etats de l'Afrique australe pour le développement: Afrique du Sud, Angola, Botswana, Losotho, Malawi, Madagascar, Maurice, Mozambique, Namibie, République Démocratique du Congo, Swaziland, Seychelles, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe) ont décidé mercredi de ne pas traverser la frontière entre la Zambie et la RDC.
Principale réclamation des grévistes: davantage de sécurité et la traduction devant la justice des auteurs des agressions et tueries dont ils sont victimes. Le dernier en date, l'assassinat d'un chauffeur zambien, vendredi dernier. Des témoins affirment qu'un militaire Congolais lui aurait tiré dessus à bout portant. La nouvelle a provoqué des manifestations de colère dans des localités Zambiennes avoisinantes.
Mwape Yoyo, secrétaire de l'association des chauffeurs des pays membres de la Communauté des Etats de l'Afrique Australe pour le développement, (SADC) soutient cette grève. Il a exprimé sa colère hier à la presse Zambienne : "Nous ne pouvons pas continuer à mourir comme des animaux ! Ça fait longtemps que nous demandons la protection des autorités congolaises, en vain !" Cette association trouve inacceptable ce qu'elle qualifie de passivité des autorités congolaises face à ces agressions récurrentes dont sont victimes les chauffeurs poids lourds entrant en RDC. "Vous pouvez vous faire voler devant des agents de l'ordre, sans que personne ne vienne vous aider" renchérit Mwape Yoyo.
Contacté par Anadolu à ce sujet, le porte-parole du Gouvernement Congolais, Lambert Mende, reconnait que la RDC a connu une fin d'année difficile dans la province minière du Katanga, au Sud Est de la RDC. Des groupes armés actifs comme les sécessionistes Mai Mai Bakata Katanga (Coupez le Katanga) se prêtent à des actes de vandalisme et d'agressions qui touchent tant les autochtones que les étrangers.
Sans se prononcer sur le fond quant aux accusations portées contre les forces de l'ordre, Lambert Mende appelle ces chauffeurs à la collaboration. "La justice a son rythme, dit-il. En tant que partenaires, nous leur demandons de nous apporter des éléments qui auraient échappé à la Justice. Il ne faut pas faire la part belle aux criminels et faire porter le chapeau au gouvernement." Le porte-parole du gouvernement Congolais demande à ces chauffeurs en grève à la frontière de faire confiance à son pays. Il a affirmé que le Ministre National de l'intérieur s'est installé depuis un mois dans la province du Katanga pour tenter de résoudre ce problème d'insécurité.