AA/ Cotonou (Bénin)/ Serge David
Près d’un million de Béninois ont manifesté, mercredi, à Cotonou (capitale économique), exigeant la tenue des élections communales, municipales et locales d’ici la fin de l’année en cours, les élections législatives début 2015 et les élections présidentielles au premier trimestre 2016, a rapporté un correspondant de Anadolu.
Hommes et femmes, personnes âgées, jeunes et moins jeunes, acteurs politiques et activistes de la société civile scandaient tous à Cotonou (capitale économique) : « Boni Yayi, trop c’est trop ; il n’est point de démocratie sans élections ».
Les élections communales, municipales et locales qui devraient permettre de remplacer ou de maintenir les 77 maires et leurs élus locaux encore en fonction, étaient prévus en 2013.
Tôt le matin, les manifestants ont pris d’assaut la place publique de l’Etoile Rouge, au cœur de la ville, pour ensuite entreprendre une marche de protestation pacifique, sur fond d’une présence massive des forces de l'ordre.
Les slogans scandés et brandis sur des banderoles étaient hostiles au gouvernement et au report des élections: " les Béninois refusenet une mise à sac de la volonté du peuple" et "pouvoir sans élections est synonyme de dictature", entre autres.
« Moi, je suis venu d’Allada (61 kilomètres de Cotonou) juste pour cette marche. Nous en avons marre. Depuis plus d’un an, le gouvernement, les maires et les élus locaux jouent les prolongations, après la fin de leur mandat. On ne peut pas continuer à berner le peuple. C’est fini maintenant. Nous sommes prêt à manifester tous les jours pour forcer la main au chef de l’Etat et à ses alliés», a confié à Anadolu Edouard Ahozan, enseignant contractuel.
Cette marche de manifestation a été animée par des militants des partis politiques de l’opposition « ABT », « Alternative citoyenne », « Réso Atao Hinnouho », « Mouvement Populaire de Résistance », et de la grande alliance politique de l’opposition aussi « l’Union fait la Nation », qui compte plus d’une dizaine de partis politiques.
Karimou Rafiatou, ancienne ministre et présidente du parti Front d’éveil pour le développement (FED-opposition), croisée au cœur de la foule, s’est félicitée de la réussite de cette marche malgré les « intimidations des forces de l’ordre ».
« Tous les démocrates de ce pays, qu’ils soient de l’opposition ou de la mouvance qui sont venus faire cette marche visaient à attirer l’attention de nos dirigeants d’aujourd’hui sur le fait que la démocratie est en péril» a-t-elle affirmé à Anadolu.
De son côté, Maurice Ahanhanzo Glèlè, l'un des géniteurs de la Constitution béninoise, a déclaré : « nous revendiquons ce mercredi de mettre fin à l'enlisement du processus électoral au Bénin ».