Mona Saanouni
18 Décembre 2017•Mise à jour: 18 Décembre 2017
AA/ Tunis/ Adel Thabti
Le Premier ministre tunisien, Youssef Chahed, a refusé, lundi, la démission de quatre membres de son Cabinet issus du parti libéral ‘Afek Tounes’.
Plutôt dans la journée, le conseiller du chef du gouvernement chargé de la communication, Mofdi Mseddi, a indiqué dans une déclaration accordée à Anadolu, que "les membres du gouvernement tunisien appartenant au parti politique ‘Afek Tounes’ ont demandé, lundi, au premier ministre, Youssef Chahed, de les exempter de leurs missions".
L’agence de presse tunisienne (TAP, officiel) a rapporté, lundi, que Chahed a déclaré avoir rejeté la démission des quatre ministres du parti politique ‘Afek Tounes’.
Le Premier ministre a considéré que le gouvernement tunisien d’Union nationale, venu à l’initiative du Président de la République, Béji Caïd Essbesi, et de l’Accord de Carthage ne repose pas sur des quotas de partis, mais sur le rassemblement de compétences nationales de différentes familles politiques autour des objectifs du Document de Carthage, pour relever les grands défis que connaît le pays.
Selon Chahed, les membres de son Cabinet issus de ‘Afek Tounes’ "ont gelé leur adhésion au parti", sans ajouter des détails.
Anadolu n'a pas été en mesure d’obtenir des commentaires immédiats concernant le «gel» des membres du parti qui ont démissionné du gouvernement, de leur adhésion à ‘Afek Tounes’.
Youssef Chahed a ajouté "qu’il ne voit aucune raison de les exempter de leurs missions, surtout après avoir confirmé, dans leur déclaration de dimanche, qu'ils sont attachés aux objectifs du Document de Carthage et à la philosophie du gouvernement d'Union nationale", avant de poursuivre qu'il "a décidé de les garder dans leurs responsabilités (missions)".
Le parti ‘Afek Tounes’ participe au gouvernent tunisien d’union nationale avec 4 membres à savoir le ministre des Affaires locales et de l'Environnement Riadh Mouakher, le ministre de l'Emploi et de la formation professionnelle Faouzi Ben Abderahmane, le secrétaire d'État à la Jeunesse Abdelkadous Saadaoui, et le secrétaire d'État auprès du ministre du Commerce chargé du Commerce extérieur Hichem Ben Ahmed.
Depuis samedi, le parti libéral tunisien ‘Afek Tounes’ (10 députés / 217), avait annoncé son retrait du gouvernement tunisien, et avait appelé ses ministres à démissionner, en signe de protestation contre l'échec du budget de 2018 à garantir des propositions antérieures du parti.
Lors du débat sur le budget 2018 tenu au Parlement, le parti avait proposé d'abolir le système discrétionnaire de paiement d'impôts, de réduire autant que possible les transactions en espèces, de retirer les billets actuellement en circulation et de les remplacer par de nouveaux afin d'éviter les transactions financières non-officielles.
Cependant, les propositions d'Afek Tounes n'ont pas été prises en considération, ce qui a provoqué la colère de ses dirigeants qui ont appelé à la démission de ses membres du gouvernement.
Le gouvernement d’union nationale a émergé, en août denier, du Document de Carthage qui inclut les priorités du gouvernement d’Union nationale, à l’initiative de Caïd Essebsi.
Le Document de Carthage avait été signé en juillet 2016 par l'Union générale tunisienne du travail (UGTT, la plus grande organisation syndicale du pays), l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (UTICA, l'organisation patronale), l'Union tunisienne de l'agriculture et de la pêche (Union des agriculteurs tunisiens) en plus des principaux partis politiques du pays, dont ‘Ennahdha’, ‘Nidaa Tounes’ et ‘Afek Tounes’.