Mariem Njeh
13 Juin 2026•Mise à jour: 13 Juin 2026
Armin Papperger, PDG du géant allemand de la défense Rheinmetall, a mis en garde contre le risque d'un retrait français du programme de chars d'assaut MGCS, s'exprimant dans WELT AM SONNTAG. Cette crainte intervient immédiatement après l'officialisation de l'annulation du projet d'avion de chasse FCAS.
« Il y a toujours un risque, mais rien n'est encore décidé », a déclaré Papperger. Selon le PDG, la France envisage déjà des réductions budgétaires drastiques pour le MGCS, avec un budget « inférieur à la moitié » des prévisions initiales en discussion.
Une réduction des financements entraînerait une baisse des objectifs de performance et des nouveaux retards. « Avec moins de moyens, on n'avance pas plus vite, et nous sommes déjà très lents », a souligné Papperger, relayé par la chaîne de télévision allemande Welt.
Les obstacles de la consolidation européenne
Papperger identifie des obstacles considérables à la consolidation des entreprises de défense européennes, pointant du doigt la priorité accordée aux intérêts nationaux. « Si l'on souhaite parvenir à une consolidation en Europe, un soutien politique est indispensable. Or, ce soutien fait défaut pour le moment », a-t-il souligné.
Les deux mégaprojets Scaf et MGCS, lancés simultanément en 2017 sous l'impulsion d'Emmanuel Macron et d'Angela Merkel, visaient respectivement à développer un avion de chasse de sixième génération et un système de combat terrestre pour remplacer l'Eurofighter et le Rafale, d'une part, et le Leopard 2 et le Leclerc, de l'autre.
Cette déclaration intervient dans un contexte de forte pression sur l'industrie de la défense européenne, sommée de se consolider face aux impératifs de sécurité continentale et à l'évolution rapide des menaces géopolitiques.
L'Allemagne et la France ont décidé d'annuler le projet de développement du Système de Combat Aérien du Futur (Scaf), mettant fin au développement conjoint d'un avion de chasse européen, selon les informations du magazine allemand Der Spiegel.
Le chancelier Friedrich Merz et le président Emmanuel Macron se sont mis d'accord sur cette décision.
Le programme était bloqué par un conflit persistant entre Dassault Aviation, représentant les intérêts français, et Airbus, représentant l'Allemagne et l'Espagne, sur le partage du leadership industriel. Le coût du projet est estimé à environ 100 milliards d'euros.
Lancé en 2017 par Emmanuel Macron et l'ancienne chancelière Angela Merkel, puis rejoint par l'Espagne en 2019, le programme visait à développer un système aérien de nouvelle génération destiné à remplacer, à partir de 2040, les Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols.