Mourad belhaj
17 Janvier 2018•Mise à jour: 17 Janvier 2018
AA / Le Caire / Sobhi Mujahid
Le Cheikh d'Al-Azhar, Ahmed el-Tayeb, a proposé que 2018 soit l'année de la ville de Jérusalem, et qu'elle soit marquée par plusieurs initiatives et activités visant à promouvoir la ville, à travers, entre autres, une action culturelle et médiatique constante.
C'est ce qui ressort de son discours de mercredi à la "Conférence mondiale de soutien à Jérusalem", organisée par Al-Azhar pour discuter des développements récents, à la suite de la décision de Washington de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël.
"La décision injuste du président américain Donald Trump doit être contrée par une nouvelle et sérieuse approche arabe et islamique, centrée sur l'affirmation de l'arabité de Jérusalem et le caractère sacré des lieux saints islamiques et chrétiens", a déclaré Tayeb.
"Al-Azhar a appelé à une conférence sur Jérusalem, afin de "tirer à nouveau la sonnette d'alarme sur la nécessité de contrer les agissements outrageux d'Israël vis à vis de Jérusalem et des territoires palestiniens", a ajouté le savant égyptien.
Pour Ahmed el-Tayeb, " la présente conférence est très différente des autres, car le compte à rebours pour la fragmentation de la région afin de la soumettre à l'autorité de l'entité sioniste a commencé".
Et le Cheikh d'Al-Azhar d'ajouter : "Les discours et les slogans ne sont plus appropriés face à la perfidie à laquelle nous sommes confrontés et si nous ne controns pas les stratagèmes qui nous visent, les générations futures nous maudiront ".
Le dirigeant de l'université islamique cairote a également appelé à multiplier les efforts pour sensibiliser les gens à la cause palestinienne en général et à celle de Jérusalem en particulier. "Alors que nos efforts en matière d'éducation ne sont plus capables de sensibiliser à cette cause, l'occupation sioniste consacre l'hostilité envers les Palestiniens dans ses programmes d'éducation destinés aux jeunes générations ", a-t-il noté
Le président palestinien Mahmoud Abbas a pour sa part déclaré que "toutes les options pour faire valoir les droits des Palestiniens sur Jérusalem étaient sur la table". " Nous n'opterons pas pour la violence ou le terrorisme", a ajouté Abbas, affirmant que Washington avait renoncé au rôle de médiateur qu'elle a joué depuis des décennies, en prenant sa "décision sacrilège".
"Nous travaillerons pour trouver des garants plus neutres dans le conflit avec l'occupation et nous n'arrêterons pas de défendre nos droits, pour mettre fin à l'occupation israélienne et parvenir à l'établissement d'un Etat palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale", a t-il déclaré.
Le président palestinien a appelé les Arabes et les musulmans à visiter Jérusalem, déclarant: "nous vous prions de ne pas nous laisser seuls et ceci n'est pas considéré comme une normalisation".
Des représentants de quelque 86 pays participent à la conférence qui sera appelée à débattre des mesures concrètes à adopter pour affirmer l'identité palestinienne et arabe de la Ville sainte.
Le président américain Donald Trump avait annoncé, le 6 décembre dernier, la reconnaissance de Jérusalem occupée comme capitale d'Israël et le transfert de l'ambassade de son pays vers la ville sainte, suscitant une vague de colère dans le monde arabe et musulman;
Istanbul avait accueilli, le 14 décembre, un sommet d'urgence de l'OCI consacré à Jérusalem et conclu par une déclaration finale contenant 23 points, dont une première feuille de route destinée à contrer la décision de Trump, ainsi qu'un appel au monde pour reconnaître Jérusalem-Est comme la capitale de l'Etat de Palestine.