AA/ MAROUA (Cameroun)Anne Mireille Nzouankeu
Près de 5000 militaires, des voitures blindées sur roues couramment appelées chars ainsi que des pièces d’artillerie ont déja été déplacées de Yaoundé la capitale du Cameroun pour des régions non divulguées de l’Extrême-Nord, frontalière avec le Nigeria, selon une source au ministère de la défense.
« Nous avons compris que Boko Haram monte en puissance et dispose d’un armement tout aussi puissant. Alors nous avons procédé à une augmentation significative de nos ressources humaines et matérielles », a expliqué mercredi à l’agence Anadolu, le colonel Didier Badjeck, chef de la division de la Communication au ministère de la Défense.
Cet arsenal a été aperçu mardi par des témoins dans les rues de Garoua, région du Nord. Il était en route pour la région de l’Extrême-Nord, mais il semble avoir disparu en chemin . A la question de savoir si ces hommes sont déjà positionnés le long de nos frontières, le colonel Didier Badjeck se veut discret.
« C’est un secret défense. Nous sommes en opération militaire. Nous savons que les membres de Boko Haram lisent aussi les journaux alors nous n’allons pas leur dévoiler nos stratégies. Nous avons volontairement choisi d’agir discrètement », explique-t-il. L’agence Anadolu a cependant constaté que depuis mercredi, le nombre de militaires dans les rues de Maroua, la capitale de la région de l’Extrême-Nord, semble avoir augmenté.
Au Cameroun, ces voitures blindées sur roue ne sont généralement aperçues que lors des défilés. A la question de savoir pourquoi elles ont été sorties des casernes, le colonel a expliqué que ce sont des sortes d’éclaireurs qui vont ouvrir le chemin aux troupes à pied.
« C’est un dispositif qui consiste à avoir à l’avant une brigade d’infanterie motorisée qui a pour rôle d’être en contact avec l’ennemi et de détruire les premiers obstacles qui se présentent », dit-il.
Ce renfort sécuritaire arrive au moment où des attaques attribuées à Boko Haram se font de plus en plus violentes et fréquentes au Cameroun. La plus récente date de la nuit du 16 au 17 mai au cours de laquelle 10 chinois ont été enlevés.