AA /Caire /Mohamed Wali
Une source diplomatique égyptienne a affirmé que l'Egypte maintient les conditions d'un rapprochement avec le Qatar, en dépit du rapprochement entre ce dernier pays et les ceux du Golfe, notamment après l’accord du retour des ambassadeurs respectifs de l’Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Unis et du Bahreïn à Doha, au terme de huit mois de gel.
«Nous tenons toujours à nos conditions de rapprochement avec le Qatar, notamment que Doha nous remette certains dirigeants des Frères musulmans recherchés par la justice, que les incitations contre l’Etat égyptien dans les médias qataris s'arrêtent, et qu'il n'y ait plus aucune ingérence dans les affaires internes de l’Egypte», a expliqué le diplomate qui a requis l’anonymat.
Les pays du Golfe ont convenu d'un "accord complémentaire de Ryad" qui promet "l'ouverture d'une nouvelle page» dans les relations entre les membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), dont trois pays membres, l'Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et Bahreïn ont décidé le retour leurs ambassadeurs respectifs à Doha".
L'accord en question vient compléter celui conclu à Ryad le 23 novembre dernier, en vertu duquel les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) s'engagent à respecter le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures les uns des autres.
Un responsable au ministère égyptien de la justice avait déclaré, plus tôt dans la journée du lundi, que «l'amélioration des relations des pays du Golfe avec le Qatar et l’accord de retour des ambassadeurs à Doha, poussera les administrations égyptiennes compétentes à entrer en contact avec le Qatar pour demander l'extradition des dirigeants des Frères Musulmans qui ont fui la justice égyptienne».
Les relations entre Le Caire et Doha se sont détériorées depuis la destitution du président égyptien Mohamed Morsi en juillet 2013, parce que le Qatar avait accueilli plusieurs dirigeants de la Confrérie des Frères Musulmans, à laquelle appartient Morsi.
Le Qatar avait demandé, cependant, depuis plusieurs mois, à certains de ces dirigeants de quitter son sol.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a reçu à maintes reprises des vœux de l’émir du Qatar, Tamim Ben Hamad al-Thani, dont les derniers en date lui ont été adressés à l’occasion de l’aid al-Idha, au début du mois d’octobre écoulé.