AA/Ramallah/KaisAbouSamra-HagerElDessouki
La Palestine est devenue marcredi officiellement, membre de la Cour Pénale Internationale (CPI) de La Haye, a annoncé la télévision gouvernementale palestinienne.
«Le ministre des Affaires étrangères Riadh al-Maliki a reçu de la Cour un document signifiant l’adhésion de la Palestine à la CPI en tant en membre à part entière», a annoncé la chaine officielle «Palestine».
Pour sa part, le porte-parole de la CPI, Fadi Abdallah a déclaré à Anadolu: «L’adhésion de la Palestine au Statut de Rome est entrée aujourd’hui [mercredi] en vigueur, ce qui fait d’elle le 123e membre de la Cour Pénale Internationale».
En vertu de ce nouveau statut, l’Autorité palestinienne peut désormais déposer une plainte contre des dirigeants israéliens pour les crimes commis sur les territoires palestiniens.
«Le procureur général de la CPI, Fatou Bensouda, désigne les suspects au cours de l’investigation. Des Palestiniens pourraient ainsi être jugés dans le cadre d’une enquête pour crimes demandée par la Palestine», a précisé le porte-parole, expliquant que «Le procureur général enquêtera sur les crimes commis sur les territoires palestiniens, quels qu’en soient les auteurs et leur nationalité, mais également sur des crimes commis par des Palestiniens, où qu’ils aient été commis».
Il a par ailleurs expliqué que la plainte déposée par la Palestine n’entravera pas l’étude préliminaire lancée en janvier dernier par le procureur général sur la situation en Palestine. «Lorsqu’une plainte est déposée par un pays membre contre des cas présumés de crimes, le procureur général ouvre une étude préliminaire avant même que la Cour ne décide, ou pas, d’ouvrir une enquête», a-t-il souligné, ajoutant que «Les deux étapes (plainte et étude) ne sont pas contradictoires, elles évoluent en parallèle».
La CPI devrait publier un communiqué, dans la journée, sur l’adhésion de la Palestine.
Le chef des négociateurs palestiniens de l’OLP Saeb Erikat avait précédemment déclaré à Anadolu : «Nous nous préparons à déposer des dossiers complets après le 1er avril pour les affaires de colonisation et de la guerre contre Gaza. Ceci ne veut pas dire qu’il n’existe pas d’autres dossiers et d’autres crimes».
Le 31 décembre dernier, les Etats-Unis ont posé leur véto au Conseil de Sécurité des Nations Unies contre un projet de résolution visant à mettre fin à l’occupation israélienne des territoires palestiniens à la fin 2017.
Quelques heures après ce rejet, le président palestinien Mahmoud Abbas a signé 18 conventions internationales, et à leur tête le statut de Rome (fondateur de la CPI), suscitant la colère des Etats-Unis et d’Israël qui craignent des poursuites de l’Autorité palestinienne contre des dirigeants israéliens pour «crimes commis à l’encontre de palestiniens».