AA/Tunis/Esma Ben Said/ Seif eddineTrabelsi
Mohsen Marzouk, leader au sein de «Nidaa Tounes», le parti gagnant des élections législatives tunisiennes du 26 octobre 2014, et directeur de campagne du candidat du parti à l’élection présidentielle, Béji Caïd Essebsi, a assuré que la Tunisie était prête à montrer ses capacités d’un point de vue sécuritaire dans la lutte anti-terroriste à échelle nationale et internationale, lors d’une interview exclusive avec l’agence Anadolu.
Avec l’avènement de Nidaa Tounès au pouvoir, la lutte contre le terrorisme sera un défi au cœur du programme du parti, a assuré le leader politique.
Ainsi, pour la question syrienne, "la coopération sécuritaire est nécessaire", a affirmé le responsable à Nidaa Tounes, ajoutant avec regret "le fait d’avoir rompu les relations n’était pas une sage décision".
« C’est vrai qu’il existe actuellement une antenne tunisienne en Syrie mais notre présence doit être bien plus importante» a-t-il soutenu précisant que son mouvement trouvera les moyens adéquats pour y parvenir, une fois au pouvoir.
«Dans un premier temps, nous devons suivre l’état des combattants tunisiens qui font "le djihad" en Syrie et dont une partie sont actuellement en prison. Ce sont des citoyens tunisiens et nous avons donc l’obligation de suivre l’évolution de leur situation», a-t-il justifié.
« De plus, il existe une communauté tunisienne en Syrie non négligeable, des personnes qui ont fait des mariages mixtes par exemple et pour cette communauté, nous nous devons d'agir» a encore affirmé M.Marzouk.
Pour le leader politique, la coopération dans la lutte anti-terroriste doit se faire entre la Tunisie et les pays concernés, mais également à échelle internationale.
«La Tunisie est effectivement concernée par l’exode jihadiste en direction de la Syrie mais c’est aussi le cas pour l’Europe, c'est pourquoi une coopération s'impose», a-t-il expliqué.
A dimension nationale, M. Marzouk a préconisé « la vigilance absolue », face au terrorisme.
« Il faut faire attention à cet exode de jihadistes en partance de la Tunisie et s'arranger pour que cela s'arrête sur notre territoire », a-t-il averti.
« Le retour possible de certains jihadistes sur le sol tunisien doit aussi nous mettre en alerte. L'Etat tunisien devra montrer ses capacités en matière sécuritaire et ne laisser aucune chance aux djihadistes de s'installer en Tunisie», a-t-il tranché.
«La police connait son travail et sera capable de le faire et la lutte contre le terrorisme sera sans merci », a promis le membre dirigeant.
«Nous ne sommes pas là essentiellement pour appliquer des lois d’ordre répressif mais la loi doit être appliquée et toute personne partie "faire le djihad" sera considérée comme hors-la-loi », a-t-il encore assuré.
Concernant le voisin libyen, M.Marzouki a rejeté tout idée d'ingérence de la part de la Tunisie.
« Nous sommes contre l’intervention de la Tunisie dans les affaires intérieures libyennes mais nous sommes pour la participation de la Tunisie à une coalition avec les pays voisins, en collaboration avec les autorités libyennes, pour essayer d’aider nos frères à sortir de l’impasse actuelle », a-t-il souligné.
« Nous sommes contre l'idée de s’allier avec une partie contre une autre et nous sommes contre le fait que la Tunisie s’ingère dans un problème d’ordre régional», a-t-il encore justifié.
Dans le même temps, Mohsen Marzouk, responsable au parti vainqueur des élections, a estimé que les relations diplomatiques avec l'Egypte, devraient pour leur part être améliorées, tandis qu'il a salué les relations amicales qu'entretient la Tunisie avec les pays du Golfe, avec l'espoir, que ces derniers continueront à apporter leur soutien, notamment par l'investissement en Tunisie.