AA/ Yaoundé/
La Conférence Nationale Episcopale au Cameroun (CNEC) a appelé, lundi, le groupe armé Boko Haram, à "engager un dialogue" avec le Gouvernement camerounais, "seule option permettant d'arrêter la violence et libérer les missionnaires enlevés depuis le 5 avril" a déclaré à Anadolu Monseigneur Sébastien Mongo, Secrétaire Général de la CNEC.
Pour lui, les missionnaires pris en otage par le groupe armé et les religieux qui quittent, en masse, le Cameroun ont été "des raisons déterminantes" pour l'appel à ce dialogue.
"Nous avons des problèmes qui ne peuvent se resoudre qu’avec le dialogue, pas la violence. Il faut se mettre autour de la table et discuter pour résoudre ce problème mais aussi les tensions sociales qui peuvent s'exprimer dans le cadre d'un conflit religieux" a estimé Mgr Mongo avant de déclarer "ne pas savoir les motifs qui ont amené Boko Haram à perpétrer cet enlèvement."
Concernant l'appel à "la guerre contre Boko Haram", lancé depuis Paris par le Président camerounais Paul Biya, lors d'un sommet tenu le 17 mai, censé, entre autres, envisager "une solution globale" contre le groupe armé, le secrétaire général de l'épiscopat camerounais a nié que l'appel de l'Eglise camerounaise puisse être compromis par cette déclaration politique, préférant distinguer la fonction de chef de l'Etat de l'office des religieux.
"Paul Biya a parlé en tant que Chef de l’Etat et Président de la République. Nous, dans l’Eglise, ne pouvons oeuvrer pour la guerre. La guerre est mauvaise et nous ne pouvons qu'appeler à la table du dialogue et promouvoir le vivre ensemble." a réitéré Mongo "Tout le monde doit s'impliquer dans ce dialogue. L’Eglise, le Gouvernement, mais aussi la société civile. Il faut que les Camerounais prennent conscience de cela."
Aucune réaction n'a été, jusqu'à 16H GMT, récueillie auprès du gouvernement camerounais concernant cet appel au dialogue, ni aurpès du groupe armé Boko Haram, particulièrement actif au Nord-Est du Nigéria et dans la région de l'Extrême-Nord du Cameroun. Après le kidnapping, attribué au groupe armé, de dix ressortissants chinois, survenu le 16 mai, à Waza, ville frontalière du Nigéria, des religieux étrangers officiant au Cameroun ont décidé de quitter le pays.
Le 5 avril, deux religieux italiens et une religieuse canadienne ont été enlevés dans le village de Tchéré, à 30 kilomètres de Maroua, chef-lieu de la région de l’Extrême-nord. Cette opération a été attribuée à Boko Haram qui ne l'a pas revendiquée. «Nous sommes toujours sans nouvelles de nos trois missionnaires. Mais avec Dieu, on est optimiste» a conclut le religieux camerounais.