AA/ Sanaa/ Ahmed Sami’i
La chute de la capitale Sanaa entre les mains des Houthis a sapé le moral de l’armée yéménite, laissant planer des doutes sur l’avenir du pays, a constaté un expert militaire yéménite.
Interrogé par Anadolu sur les retombées de la crise au Yémen, un chercheur au centre des études stratégiques des forces armées du ministère de la défense yéménite, Salah Al-Asbahi, a affirmé que « L’emprise par les Houthis de quantités d’armes et de munitions a foncièrement mis en péril l’avenir de l’institution militaire et la pérennité de l’Etat et de ses institutions ».
« Le moral de l’armée n’est pas au beau fixe après la chute de la capitale », a-t-il regretté.
« Ces armes ont été achetées avec l’argent des pauvres et ont a été saisies par les Houthis avant que l’Etat ne réussisse à désarmer et partant à dissuader ce groupe », a-t-il vivement dénoncé, mettant en garde contre « un déchaînement de la violence au Yémen ».
« Il faut s’attendre au pire après la chute sans résistance de la capitale Sanaa », a-t-il averti, faisant remonter cet effondrement à « la division de l’armée et à l’allégeance de ses soldats à leur tribu et aux partis et non à la patrie ».
L’expert s’est abstenu de tout commentaire sur les parties auxquelles incombent la responsabilité de cet échec.
« Il n’est pas aisé de savoir à qui revient la responsabilité de la chute de la capitale. Est-ce à la direction politique ou aux responsables militaires ou à d’autres raisons », s'est-il interrogé.
S’agissant des moyens de contraindre les Houthis à se retirer de la capitale Sanaa, l’expert a plaidé en faveur de la raison, du dialogue et du non recours à la force contre les Houthis, mettant en garde contre les risques d’une guerre civile.
Depuis le 21 septembre courant, la capitale Sanaa est tombée aux mains des Houthis après que ce groupe s’était emparé de plusieurs sites stratégiques de la ville, dont notamment, les sièges du conseil des ministres, du ministère de la défense et de la Télévision.
Sous les coups de boutoir de la chute de la capitale, le président yéménite Abd Rabo Mansour Hadi avait signé, le même jour, un accord avec les Houthis, en présence de l’envoyé spécial de l’ONU au Yémen, des représentants des Houthis et de certaines forces politiques yéménites.
L’accord pour la sécurité et le partenariat au Yémen prévoit la formation d’un gouvernement de compétences dans un délai n’excédant pas un mois, la nomination de deux conseillers du président de la République. Un des Houthis, l’autre du mouvement du Yémen du Sud (MYS), outre la réduction des prix des produits pétroliers.