Arif Yusuf
03 Août 2018•Mise à jour: 03 Août 2018
AA / Irak / Ibrahim Saleh
Des centaines d'Irakiens ont observé un sit-in vendredi près d'un champ pétrolier dans la province méridionale de Bassorah dans le cadre de la protestation qui se poursuit depuis des semaines contre le chômage, la corruption et la médiocrité des services publics.
Joint au téléphone par Anadolu, Taher Kenani, l'un des participants au sit-in, a indiqué que des centaines d'Irakiens ont installé des tentes en face de West Qurna 1, l'un des plus grands champs pétroliers du pays.
Le même champ a déjà été le théâtre d'un autre sit-in qui a duré cinq jours avant sa dispersion, mardi, par les forces armées.
Selon Kenani, en entamant ce deuxième sit-in, au même endroit, les participants expriment leur doute quant au respect du gouvernement de ses engagements. En continuant ainsi à protester, les manifestants prouvent qu'ils tiennent à leur mouvement jusqu'à la réalisation de leurs revendications, a ajouté le jeune manifestant.
Exploité par la société américaine Exxon Mobil, West Qurna 1 produit environ 405 mille barils par jour.
L'Irak est le deuxième plus grand producteur de pétrole de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), après l'Arabie saoudite, et dispose actuellement d'une capacité de production d'environ 4,5 millions de barils par jour.
Les manifestants tiennent à protester près des champs pétroliers et des installations pour réclamer des emplois et la réduction de la dépendance du secteur de la main d'oeuvre étrangère.
La détérioration des services publics dans ce pays riche en ressources naturelles est également l'une de principales causes de cette vague de protestation qui s'est déclenché le 9 juillet, à Basra, avant de regagner les autres provinces du centre et du sud.
Les manifestations ont été marquées par des actes de violence et de vandalisme et des attaques contre des biens publics et des bureaux de partis politiques. Ces violences ont fait 14 morts, ainsi que des centaines de blessés parmi les de forces de sécurité et les manifestants.