AA/Jakarta (Indonésie)/ Ainur Romah
L’Indonésie s’est réveillée, mercredi, sur une vague de condamnations après l’exécution de huit auteurs de crimes liés à la drogue, dont sept étrangers.
Tandis que le procureur général de l’Indonésie, Muhammad Prasetyo, a décrit les évènements comme faisant partie d’une «guerre contre les horribles crimes liés à la drogue qui menacent la survie de notre nation», l’Australie a rappelé son ambassadeur à Jakarta, la capitale indonésienne, et le Brésil a exprimé sa «profonde consternation».
S’exprimant depuis la capitale colombienne, Bogota, le ministre brésilien des Relations extérieures, Mauro Vieira, a déclaré que le gouvernement était «consterné» par la confirmation des exécutions.
«Nous n’avons jamais contesté les chefs d’inculpation ou le processus judiciaire, et nous respectons la souveraineté de l’Indonésie» a affirmé Viera, «mais nous avons toujours contesté l’application de la peine capitale pour des raisons humanitaires» .
Le ressortissant brésilien, Rodrigo Gularte, qui a été diagnostiqué comme souffrant d’une maladie mentale, faisait partie du groupe des condamnés comprenant aussi des personnes de nationalités australienne, ghanéenne, nigériane et indonésienne.
La présidente brésilienne, Dilma Rousseff, et les avocats de Gularte avaient effectué une Demande de sursis à exécution et exhorté à la clémence, étant donné que l’accusé souffrait de schizophrénie, d’après deux rapports médicaux datant de 2014, d’après le site d’informations G1.
Peu après les exécutions des deux ressortissants australiens - Andrew Chan et Myuran Sukumaran – le Premier ministre, Tony Abbott, a annoncé que l’Australie rappelait immédiatement son ambassadeur en Indonésie, Paul Grigson.
«Ces exécutions sont cruelles et inutiles» a déploré Abbott en s’exprimant devant des journalistes lors d’une conférence de presse dans la capitale australienne, Canberra.
La France a également condamné les exécutions et déclaré être "inquiète" concernant le sort d’un Français condamné à mort dans ce pays d’Asie.
L’Indonésie a rejeté les appels à la clémence du Brésil, de l’Australie et de l'Union Africaine et exécuté les prisonniers, dans la nuit de mardi à mercredi, peu après minuit, sur l’île de Nusa Kambangan, au sud de Java.