Mona Saanouni
20 Août 2017•Mise à jour: 20 Août 2017
AA/New Delhi
Les réfugiés Rohingyas en Inde vivent dans la crainte d'un retour au Myanmar, à la suite des propos tenus par le ministre indien des Affaires intérieures, Kiren Rijiju, la semaine précédente, au sujet de leur expulsion du pays.
Amina Khatoun (24 ans), réfugiée dans la capitale New Delhi, a fait part à Anadolu de son inquiétude à l’égard des informations relayées ces derniers jours par les médias indiens et relatives à l’intention du Gouvernement d’expulser les Rohingyas vers le Myanmar.
Khatoun a déclaré: « nous avons vécu des jours difficiles dans l’Etat d’Arakan. J’étais obligée de venir en Inde en 2012, j’étais enceinte de mon enfant à l’époque. Je préfère mourir plutôt que retourner au Myanmar ».
De son côté, le réfugié Ali Joha a mis l’accent sur les mauvaises conditions dans lesquelles vivent les réfugiés dans le camp de Okhla dans la capitale New Delhi, après avoir fui les violences au Myanmar en compagnie de 5 membres de sa famille en 2012.
Malgré les mauvaises conditions au sein du camp, Joha préfère rester en Inde plutôt que revenir à Myanmar, notant que les habitants de la région aident les réfugiés.
Le Conseil Européen des Rohingyas (ERC) avait appelé, la semaine dernière, l’Union Européenne (UE), les Nations Unies (ONU) et l’ensemble de la Communauté internationale à agir au Myanmar avant que la communauté musulmane de ce pays d’Asie du Sud-est ne soit "totalement massacrée".
Hla Kyaw, le Président du Conseil avait accusé, mardi dernier, au micro de l’Agence Anadolu, la Ministre des Affaires étrangères du Myanmar, Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix, d’être complice des violations des droits de l’homme envers les musulmans du Myanmar.