AA - Ankara - Nur Gülsoy
Il ne peut pas y avoir de paix avec les armes, a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a tenu une cinquième réunion avec les maires de quartier, lundi au palais présidentiel à Ankara.
Dans son discours, le chef de l'Etat a mis l'accent sur le processus de résolution.
"Maintenant ils appellent à abandonner des armes. C'est une très belle expression, on avait fait le même appel lors du précédent Newroz, a-t-il affirmé. Que s'était-il passé ensuite? Nous considérons les actes. Voyons donc la mise en oeuvre. Il ne peut pas y avoir de paix avec les armes. De plus, nous ne pourrons pas progresser tant que nous ne voyons pas d'avancée concrète, dans un contexte où les promesses n'ont pas été tenues à plusieurs reprises. Quoi qu'il en soit, nous poursuivrons la lutte pour la fraternité, traduite en processus de résolution."
"Je ne m'adresse pas à l'organisation terroriste, mais à un parti politique qui ne sait pas comment s'extraire de la tutelle de cette organisation, a ajouté le président. S'ils souhaitent faire de la politique dans ce pays, ils doivent d'abord s'éloigner de l'ombre des armes."
Erdogan estime qu'on ne devrait plus parler de "question kurde" aujourd'hui, puisque l'Etat a admis les problèmes et s'est engagé dans une solution.
"Quand je dis qu' 'il n'y a plus de question kurde', certains essaient de manipuler l'expression de manière malveillante, a-t-il lancé. Comme s'il n'y avait pas d'autre problème que la question kurde dans le pays. Certains ne parlent que de ce sujet. C'est une tentative de diviser le pays. C'est de la discrimination. Cette nuance est très importante. Pourtant, je suis clair. Désormais, il n'y a plus de question kurde en Turquie, mais nos frères kurdes ont des problèmes. Tout comme nos frères turcs, abkhazes, bosniaques, albaniens, roms et zazas. Notre approche envers nos frères kurdes et leurs problèmes, n'a pas changé. Elle demeure la même depuis 40 ans, 30 ans ou 13 ans. Nous avons les mêmes propos."
"Le processus de résolution a progressé jusqu'à maintenant, malgré l'organisation terroriste séparatiste et ses représentants, a insisté le président turc. Si nous avions adopté une approche différente face à leur hypocrisie, la Turquie n'aurait jamais vu un espoir appelé 'processus de résolution'. Maintenant certains se sont mis à dire que 'le président s'oppose au processus de résolution'. Regardez un peu les 12 dernières années, vous verrez s'il s'y oppose ou s'il le soutient."