Hatem Kattou
25 Septembre 2017•Mise à jour: 26 Septembre 2017
AA/ New Delhi
Bill Frelick, le directeur de la division Droits des réfugiés à Human Rights Watch, a déclaré que la non-adhésion de l'Inde à la Convention des Nations Unies sur les réfugiés ne lui accorde guère le droit de "maltraiter" les réfugiés Rohingyas.
C'est ainsi que Frelick a réagi aux déclarations du ministre de l'Intérieur indien qui affirmait que "son pays n'a pas violé la législation internationale en expulsant les réfugiés Rohingyas de son territoire".
"Si l'Inde ne fait pas partie de la Convention des Nations Unies contre la torture (signée en 1984), cela aurait-il donné aux autorités indiennes le droit de torturer ceux qui sont sous sa tutelle?", s'est interrogé Frelick, dans un article publié lundi sur le site web de Human Rights Watch.
"L'inde sait très bien que certaines dispositions du droit international sont des normes internationales qui interdisent certaines pratiques même si certains Etats ne font pas partie des dites conventions", a ajouté le directeur de la division Droits des réfugiés à Human Rights Watch.
Il convient de rappeler que, jeudi dernier, le ministre de l'Intérieur indien a assuré que son pays «ne viole aucune loi internationale en expulsant Rohingya, car il ne fait pas partie de la Convention de Genève».
New Delhi a annoncé en août avoir l'intention d'expulser tous les Rohingyas présents sur son territoire y compris ceux ayant le statut de réfugié.
Selon des données officielles publiées plus tôt en septembre, l'Inde compte environ 40.000 réfugiés Rohingyas qui ont fui le Myanmar à la suite des persécutions dont ils sont victimes depuis des années.
Le 25 août 2017 a marqué le durcissement de l'oppression contre les Rohingyas par l'armée birmane et les nationalistes bouddhistes. Depuis cette date, 370 000 musulmans Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh portant le nombre de réfugiés Rohingyas à 770 mille, selon les dernières données du Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR).