Kayhan Gül,Tuncay Çakmak
21 Novembre 2017•Mise à jour: 21 Novembre 2017
AA - Sarajevo
Le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), qui se trouve à La Haye aux Pays-Bas, rendra mercredi son verdict concernant l’ancien commandant serbe Ratko Mladic poursuivi pour des crimes de guerre durant la Guerre de Bosnie.




Mladic, surnommé "le boucher des Balkans", fait face à 11 chefs d’accusation, dont son rôle dans le génocide de Srebrenica qui avait coûté la vie à plus de 8 mille civils bosniaques en 1995.
L’accusation a requis la perpétuité pour Mladic.
Les observateurs estiment que l’ancien commandant serbe sera reconnu coupable pour des crimes individuels mais aussi pour des crimes dont la responsabilité est partagée avec d’autres.
Qui est Mladic ?
Ratko Mladic est né le 12 mars 1942 dans la localité de Kalinovik en Bosnie-Herzégovine.
Après une formation dans l’Académie de l’Armée populaire de Belgrade, Mladic a intégré l’Armée Républicaine Serbe (VRS) constituée en Bosnie le 12 mai 1992 dès le début de la guerre.
Mladic a immédiatement été nommé à la tête de la VRS qu’il a commandée tout au long du conflit.
Fugitif pendant 15 ans après la fin de la guerre, Mladic a été interpellé le 26 mai 2011 en Serbie.
Il a été remis au tribunal de La Haye le 31 mai 2011 pour être jugé.
Le procès a débuté le 16 mai 2012 et a pris fin le 15 décembre 2016. Lors des 530 jours de procès, 591 personnes ont été entendues et 9914 preuves ont été acceptées par le tribunal.
L’acte d’accusation contre "le boucher des Balkans" a été modifié à plusieurs reprises entre sa première édition en 1995 et sa dernière version en décembre 2011.
Le dernier acte compte 11 paragraphes, dont les deux premiers se concentrent sur l’accusation de génocide.
Mladic est en outre accusé d’avoir "planifié, soutenu, perpétuité, ordonné et appelé à un génocide contre les Musulmans bosniaques et les croates sur des bases ethniques et religieuses".
Il est également poursuivi pour son rôle dans le génocide de Srebrenica, quand les soldats serbes qui étaient sous son commandement ont attaqué la ville et ont massacré plus de 8 mille bosniaques.
Mladic est également poursuivi pour avoir forcé des milliers de Bosniaques et de croates à l’exil dans plusieurs communes et localités de Bosnie : Banja Luka, Bijelina, Foça, İlidza (Sarajevo), Kalinovik, Kljuc, Kotor-Varos, Novi Grad (Sarajevo), Pale, Prijedor, Rogatica, Sanski Most, Sokolac, Trnovo, Vlasenica et Srebrenica.
Le chef militaire des serbes de Bosnie est aussi accusé de "massacres et d’assassinats", de "crimes contre l’Humanité", d’attaques à "caractère terroriste et contraires au droit", mais aussi pour "prises d’otages".