Adil Essabiti
13 Juin 2017•Mise à jour: 14 Juin 2017
AA/ Tunis
Rached Ghannouchi, le président du mouvement tunisien Ennahdha, a appelé le souverain saoudien, Salman Ibn Abdelaziz, à «rassembler à nouveau tous ses fils sur une seule voie » afin de résoudre la crise actuelle entre des Etats du Golfe et le Qatar.
En outre, Ghannouchi a fait part de son soutien à l’initiative du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a appelé à parvenir à une solution avant la fin du mois de Ramadan.
Tels ont été les propos tenus par le dirigeant tunisien concernant la crise du Golfe, dans un entretien avec Anadolu.
Ghannouchi a déclaré, au sujet des efforts fournis par la Turquie afin de résoudre la crise : « La position turque est une position de principe. C’est la position d’un proche qui souffre de ce qui se passe entre frères. Les Turcs ont de très fortes relations avec l'Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar, tout comme la Tunisie entretient de fortes relations avec Riyad et Doha ».
«L’Arabie Saoudite a de bonnes relations avec la Tunisie d’avant et d’après la révolution, et c’est vers elle que s’orientent tous les Musulmans dans leurs prières», a-t-il ajouté.
Et de poursuivre : « le Qatar a également de bonnes relations avec la Tunisie d’avant et d’après la révolution, et a soutenu par ses investissements tous les gouvernements tunisiens. Doha a joué un rôle de premier plan dans la réussite de la Conférence internationale pour l’investissement, à laquelle avait assisté l’Emir lui-même, le Cheikh Tamim, qui avait ainsi déclaré le soutien du Qatar à notre pays ».
«A l’instar des Turcs, les Tunisiens souffrent de ce qui se passe dans le Golfe et appellent le Roi d’Arabie Saoudite, Gardien des Deux Saintes Mosquées à rassembler tous ses fils sur une seule voie, au nom de la fraternité et de la coopération. Et tel est aussi l’appel lancé par le président Erdogan, qui a appelé le souverain saoudien à rassembler tous ses fils du Golfe, et à dissiper les rancœurs et les différends, avant la fin de Ramadan », a déclaré Ghannouchi.
Le leader d’Ennahdha a indiqué que la position de son mouvement concernant la crise actuelle est «d’appeler au dialogue pour résoudre les différends, et à la levée immédiate du boycott et du blocus qui n’ont pas leur place entre frères, quelles que soit la gravité des divergences ».
Concernant les listes de terroristes publiées dans le cadre de la crise, Ghannouchi a considéré qu’il s’agit de « corollaires du problème principal ». « Quand l’amitié et les contacts reprendront entre nos frères dans le Golfe, en Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis, ces questions se dissiperont », a-t-il noté.
Le dirigeant tunisien a exprimé son soutien « aux bons offices de l'émir du Koweït, aux efforts entrepris par le Sultanat d'Oman et à l'appel lancé par le Président Erdogan, pour renouer les fils de l’amitié et de la coopération entre frères ».
Interpellé sur le rôle joué par des facteurs extérieurs dans l'éclatement de la crise, Ghannouchi a déclaré: «ce sont les différends internes qui ouvrent la voie aux ingérence extérieure. Si nous résolvons nos différends internes, il ne peut y a avoir d’ingérences étrangères ».
Il a déclaré au sujet de la position de son mouvement dans le règlement de la crise : « Notre position est celle de l’Etat tunisien, représenté par le président Beji Caid Essebsi et le ministère des Affaires étrangères. Nous ne prenons pas position en faveur de tel camp ou de tel autre, dans des disputes entre frères, mais nous appelons à la réconciliation ».