Lassaad Ben Ahmed
22 Novembre 2017•Mise à jour: 23 Novembre 2017
AA/Paris/Fatih Karakaya
Emmanuel Macron n’aura pas la tache facile, lors de son discours, jeudi, devant des maires en colère réuni pour le 100 éme congrès.
Son premier ministre qui devait déminer le terrain n’a pas réussi à convaincre ses anciens confrères lors de son discours prononcé mardi.
En effet, l’ancien maire du Havre (Ouest), Edouard Philippe était venu, mardi, faire un discours, désormais en tant que Premier ministre, pour tenter de convaincre du bien-fondé de sa réforme.
Réuni, depuis lundi, à Paris Porte de Versailles pour la 100ème fois en Congrès, les maires de France contestent les différentes réformes annoncées par le gouvernement afin de réduire les dépenses.
Édouard Philippe devait donc tout faire pour baisser la tension avant le discours d'Emmanuel Macron prévu jeudi.
Or, dès les premières minutes, le président de l'Association des Maires de France (AMF) a annoncé la couleur en faisant un discours avare d’une seule phrase. «Bienvenue Monsieur le Premier ministre, je vous cède tout de suite la parole», a-t-il dit tout simplement.
Même si le Premier ministre a essayé de démarrer avec humour en «remerciant pour le [long discours]», il n’a pas eu la tâche facile. Il a également joué la carte de la franchise en invoquant «un discours clair et direct en tant qu’ancien maire».
D’après les médias français, le Premier ministre a parlé des menaces de sanctions qui pèsent sur la France en cas de déficit budgétaires «d’où la nécessité de redresser les comptes».
«Il aborde les sujets qui fâchent : la baisse des dépenses, le poids des normes, les contrats aidés, la baisse des APL, les rythmes scolaires, le transfert de la gestion des eaux et de l'assainissement», rapporte, le quotidien La dépêche du Midi.
Mais ces efforts n’ont visiblement pas eu l’effet attendu. Une partie de la salle l’a fait clairement savoir à voix haute, lorsque Philippe a demandé s’il les avait convaincus, d'après la même source.
Plusieurs maires évoquent l’impossibilité d’assurer des services obligatoires par manque de moyens. Le gouvernement tente de baisser les dotations accordées aux collectivités locales afin de ramener au-dessous de 3% le déficit budgétaires, par rapport au PIB que l’Union Européenne accordé.
Parmi eux, Jérôme Petident, maire étiqueté de France Insoumise (FI) de Fain-lès-Moutiers (Côte-d’Or). Il a affirmé à Ouest-France «qu’il va attendre de savoir si le président de la République est le président des territoires également», avant de faire savoir son inquiétude «sur l’avenir de la ruralité».
Par ailleurs, Jean-François Barnier, président des maires de la Loire et maire du Chambon-Feugerolles dans l’Ondaine assure, au quotidien régional Le Progrès, que la «suppression de la taxe d’habitation va conduire à la suppression de l’autonomie financière des communes».
Il reste, d’ailleurs, dubitatif face aux compensations annoncées. «Nous avons considérablement diminué nos dépenses de fonctionnement», assure-t-il toujours au Progrès.
Emmanuel Macron, aura l’occasion de tester son discours, en recevant les maires à l'Elysée, comme annoncé sur le calendrier présidentiel, avant de prononcer son discours au congrès, jeudi soir.