Le président français Emmanuel Macron a réuni vendredi à l’Élysée les dirigeants des partis représentés au Parlement ainsi que plusieurs candidats à l’élection présidentielle de 2027, pour un échange consacré à la dégradation de la situation internationale, notamment en Ukraine et au Proche et Moyen-Orient, et à ses répercussions sur la sécurité et les prix de l’énergie en France.
À l’issue de la réunion, Emmanuel Macron a mis l’accent sur la flambée des prix de l’énergie, qu’il a attribuée aux conséquences des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. Il a notamment évoqué la hausse des cours du pétrole brut, du diesel et des produits raffinés, ainsi que les tensions sur le marché du gaz.
« Cette situation, à laquelle s'ajoute la destruction des infrastructures énergétiques en Russie et en Ukraine, conséquence de la guerre d'agression russe, conduit à une explosion des prix de l'énergie partout dans le monde », a déclaré le chef de l’État.
Macron veut accompagner la réouverture du détroit d’Ormuz
Le président français a également placé la réouverture du détroit d’Ormuz au cœur de la réponse diplomatique de Paris aux tensions énergétiques. Selon lui, la France s’efforce de favoriser une réouverture « pacifique » de cette voie maritime stratégique.
« Aujourd'hui, la France fait tout pour faciliter la réouverture pacifique du détroit d'Ormuz », a-t-il affirmé, rappelant la mise en place, depuis avril, d’une mission internationale destinée à escorter les navires marchands dès que les conditions le permettront.
Emmanuel Macron a toutefois jugé peu probable la conclusion, à court terme, d’un accord entre l’Iran et les États-Unis, tout en faisant état de discussions entre Oman et l’Iran.
« Il existe là aussi des chemins diplomatiques qui permettraient la réouverture de ce détroit et nous sommes donc disposés à accompagner celle-ci et à sécuriser le trafic », a-t-il déclaré.
Soutien à l’Ukraine et inquiétudes face aux actions russes
Concernant la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron a réaffirmé le soutien de la France à Kiev, qu’il a présenté comme une condition essentielle à la sécurité européenne et au rétablissement d’une paix durable.
« Le soutien à l'Ukraine est plus que jamais indispensable, parce qu'il est la condition de notre sécurité et d'un retour à une paix juste et durable », a-t-il déclaré.
La France continue par ailleurs de piloter, aux côtés du Royaume-Uni, la « coalition des volontaires » chargée de soutenir l’Ukraine. Le chef de l’État a annoncé que de nouveaux exercices seraient prochainement organisés sur le sol européen afin de renforcer cette coopération.
Emmanuel Macron a également alerté sur l’évolution des menaces russes en Europe, citant plusieurs incidents récents qu’il a qualifiés d’actes hostiles ou d’attaques visant des intérêts européens.
« Je veux ici dire que la nature de l'agressivité russe et de ses menaces en Europe change », a-t-il déclaré, évoquant notamment une attaque de drone contre un train de passagers en provenance de Kiev, une tentative d’attaque contre l’aéroport de Leipzig ainsi que des incursions dans l’espace aérien de plusieurs pays européens.
La hausse des carburants au cœur des préoccupations
Le président français a également insisté sur les répercussions directes des conflits internationaux sur le pouvoir d’achat des Français, notamment à travers la hausse des prix à la pompe et les tensions sur le marché du gaz.
« Les prix à la pompe atteignent des niveaux historiques, qui font aujourd'hui beaucoup souffrir, qui accroissent les problèmes de pouvoir d'achat », a-t-il déclaré.
Selon Emmanuel Macron, cette situation résulte notamment de la fermeture du détroit d’Ormuz et des conséquences des opérations militaires américaines et israéliennes contre l’Iran.
« Cette guerre, la France ne l'a pas choisie. Elle n'y a d'ailleurs pas participé. Mais comme beaucoup d'autres pays, nous vivons les conséquences de ce qu'elle a déclenché », a-t-il ajouté.
Un G7 consacré à la crise énergétique
Alors que la France assure la présidence du G7 en 2026, Emmanuel Macron a annoncé la convocation, dans les prochaines semaines, d’une réunion spécifiquement consacrée aux questions énergétiques.
« Je convoquerai un G7 pour avancer sur une meilleure coordination sur les niveaux de stocks, avec une plus grande coopération aussi sur les exportations et les capacités de production », a-t-il annoncé.
Cette réunion devra notamment permettre de renforcer la coopération entre les membres du G7, de prévenir de nouvelles tensions sur les marchés et d’examiner une éventuelle libération des stocks stratégiques, en coordination avec l’Agence internationale de l’énergie.
« Nous aurons dans les prochaines semaines un G7 qui sera consacré à ces sujets énergétiques, à la fois pour accroître la coopération et éviter des tensions inutiles entre les pays du G7 et nos principaux partenaires », a conclu Emmanuel Macron.