AA/ Paris/ Bilal Muftuoglu
La cour d'appel de Paris a jugé recevables, jeudi matin, les écoutes téléphoniques entre l'ancien président français Nicolas Sarkozy et son avocat, dans le cadre de l'affaire accusant le premier de ''corruption active'', ''trafic d’influence actif '' et ''recel de violation du secret professionnel’’.
La justice française a ainsi relancé l'enquête gelée depuis l'automne dernier sur Sarkozy, redevenu chef de l'UMP (Union pour un mouvement populaire - opposition principale). L'ancien président, dont l'avocat cherchait à obtenir la nullité de la procédure, risque en conséquent un renvoi en correctionnelle, alors qu'il s'apprête à candidater aux élections présidentielles de 2017.
S'exprimant à la presse depuis la cour d'appel, l'avocat de Sarkozy, Paul-Albert Iweins, a annoncé qu'il a immédiatement entamé un pourvoi en cassation contre la décision annoncée, jeudi matin.
Initialement mis sur écoute dans le cadre de l'enquête sur les accusations de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, Sarkozy avait été de suite accusé d'influer sur une décision de la Cour de cassation, concernant l'affaire Bettencourt.
Dix personnes, dont Eric Woerth, ancien ministre du Budget et du Travail de Nicolas Sarkozy, sont accusés d'abuser de la faiblesse de la héritière du groupe l'Oréal, Liliane Bettencourt. Le scandale avait aussi terni l'image de Sarkozy, qui avait fini par perdre les élections en 2012. Un non-lieu avait été de suite déclaré en sa faveur en octobre 2013.
Les écoutes téléphoniques pourraient permettre de vérifier les allégations selon lesquelles Sarkozy aurait tenté d'influer le magistrat Gilbert Azibert par l'intermédiaire de son avocat en 2014 Thierry Herzog. Toujours selon les allégations, le président de l'UMP aurait promis à Azibert, en échange, un poste de prestige à Monaco.