Hatem Kattou
19 Juillet 2017•Mise à jour: 20 Juillet 2017
AA/France/Esma Ben Said
La grogne autour des économies prévues par le gouvernement français sur le budget de la Défense s’est soldé par la démission du chef d'état-major des armées, Pierre de Villiers, mercredi.
Le général était monté violemment au créneau pour dénoncer ces coupes devant les députés membres de la commission de la Défense, le 12 juillet dernier, avant d’être recadré peu après par le président français Emmanuel Macron qui lui a rappelé être « le chef ».
A l’origine de la brouille, l’annonce faite, début juillet, par le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, d’une coupe de 850 millions d’euros sur le budget de la Défense (actuellement de 32,7 milliards d’euros), plus précisément sur les crédits d'équipements des armées. L'argent débloqué par la Direction générale de l'armement (DGA) aurait servi à passer commande aux industriels, souligne le quotidien français « le Figaro ».
Premier investisseur de l'État et bras armé du ministère de la Défense, la DGA gère un budget annuel qui tourne autour de 10 milliards d’euros, selon la même source.
Cette diminution s’inscrit, d’après Darmanin, dans un effort global des ministères visant à réaliser 4,5 milliards d'euros d'économies dans le cadre de la réduction des déficits publics.
Une annonce qui a suscité la colère du chef d’Etat-Major qui plaide depuis plusieurs mois pour une augmentation de son budget à 50 milliards d’euros (afin d’atteindre les 2% du PIB) en raison des nombreuses opérations extérieures qu’effectue l'armée, notamment dans le cadre de la lutte antiterroriste (surtout au Sahel et en Irak mais aussi en France dans le cadre de la mission Sentinelle).
A la lumière des coupes avancées, le ministère des Armées, paie le plus lourd tribut des 4,5 milliards d’euros d’économies tant désiré par le gouvernement qui souhaite respecter le critère d’un déficit à 3% du PIB.
Dans le même temps, Emmanuel Macron a annoncé une hausse de 1,5 milliard d'euros du budget des armées, (à 34,2 milliards d’euros), dès 2018.
Une augmentation qui n’arrangera pas grand chose, estiment les observateurs pour qui il faudrait que le budget de la Défense augmente de plus de 2 milliards par an jusqu’en 2025, pour atteindre l’objectif de 2% du PIB consacré à la Défense, voulu par le gouvernement.
«Une telle hausse n'a jamais eu lieu - même après l'effort lié aux attentats terroristes. Au final, nous n'avons jamais connu une augmentation réelle de plus de 600 millions d'euros par an», confie un proche du dossier cité par le journal « L’Opinion ».
Le débat risque d’être houleux dans les jours à venir, tandis que de nombreux grands chantiers militaires restent à venir parmi lesquels le développement des sous-marins lanceurs d’engins (SNLE) de troisième génération, le programme Scorpion de modernisation de l’armée de terre ou encore le lancement de la construction d'un nouveau porte-avion.