Islam Uddin
27 Mai 2021•Mise à jour: 27 Mai 2021
AA / Islamabad, Pakistan / Islamuddin Sajid
Des experts en sécurité du Pakistan, des États-Unis et de l'Afghanistan ont prévenu que si le processus de paix en cours en Afghanistan échouait et qu'une guerre civile éclatait, cela provoquerait le déplacement de millions de réfugiés et déstabiliserait la région.
Face au risque d'une recrudescence de la violence, l'Afghanistan est menacé par le "cauchemar" d'une guerre civile interminable, menée par des mandataires, qui pourrait conduire à l'exode de millions de personnes qui deviendraient ensuite des réfugiés, a déclaré Marvin Weinbaum, l'un des experts participant à une table ronde organisée, mercredi, par le Centre d'études aérospatiales et de sécurité (CASS), un groupe de réflexion fondé par l'armée de l'air pakistanaise et basé dans la capitale Islamabad.
Les pays voisins de l'Afghanistan devraient aider ce pays déchiré par la guerre à parvenir à un accord de partage du pouvoir "dirigé par les Afghans", devenant ainsi des "partenaires pour la paix", a déclaré Weinbaum, qui dirige les études sur l'Afghanistan et le Pakistan au Middle East Institute de Washington.
S'exprimant également lors du séminaire en ligne sur l'avenir de l'Afghanistan, l'ancien conseiller présidentiel afghan, Torek Farhadi, a déclaré que les talibans devaient comprendre qu'une guerre civile en Afghanistan après le départ des troupes étrangères ne profiterait à personne.
Le lieutenant-général pakistanais à la retraite, Ishfaq Nadeem Ahmad, a également participé à l'événement, affirmant que tous les États désireux de soutenir l'Afghanistan devraient conclure un accord pour la période suivant le retrait des forces américaines de la région.
"Un accord entre le Pakistan et l'Afghanistan doit être mis en place, ainsi qu'un accord entre les États désireux de soutenir Kaboul après le départ des États-Unis", a déclaré Ishfaq Nadeem Ahmad, ancien chef d'état-major général de l'armée pakistanaise.
Les experts ont néanmoins déclaré que la coopération entre le Pakistan et l'Afghanistan pourrait faire de la région une zone d'opportunités, d'échanges, de commerce et de transit.
"Le processus de paix en cours est dans l'impasse. Malgré cela, quelle que soit l'issue du processus de paix, il est impératif qu'Islamabad continue à afficher le même niveau d'engagement en faveur de la paix et de la stabilité de l'Afghanistan", a déclaré l'ancien ministre pakistanais des affaires étrangères et directeur du CASS, Jalil Abbas Jilani.
Selon le maréchal de l'air à la retraite Farhat Hussain Khan, ancien vice-chef d'état-major de l'armée de l'air pakistanaise, tout combat interne, notamment entre les talibans et le gouvernement afghan, constituerait un sérieux défi pour la paix régionale.
À propos de son pays d'origine, le Maréchal Khan a averti que l'échec de la stabilisation de l'Afghanistan aurait "de graves répercussions sur l'économie et la sécurité intérieure du Pakistan, en raison de l'afflux de réfugiés et des activités terroristes".
Les experts ont souligné la nécessité pour les puissances régionales et les parties prenantes afghanes de tirer les leçons de l'histoire amère et coûteuse du conflit et de travailler ensemble pour éviter des conséquences néfastes pour l'Asie du Sud, l'Asie occidentale et l'Asie centrale.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj