İlkay Güder,Ayvaz Çolakoğlu
08 Mai 2018•Mise à jour: 09 Mai 2018
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan a affirmé que la fluctuation du taux de change des devises observée en Turquie ces derniers mois n'avait, économiquement parlant, aucun fondement technique et réel.
Erdogan s'exprimait, mardi, à l'occasion de la réunion hebdomadaire du groupe parlementaire Ak Parti (parti au pouvoir) qui s'est déroulée à l'Assemblée Nationale à Ankara.
"Nous disposons de projets à mettre en oeuvre pour renverser la vague d'attaques visants les cours des devises" a lancé le chef de l'Etat turc, en référence à la forte fluctuation du taux de change des devises face à la monnaie nationale observée en Turquie ces derniers mois.
Erdogan, candidat à sa succession lors de l'élection présidentielle anticipée du 24 juin, a lancé de lourdes charges contre le CHP (principal parti d'opposition) qu'il a notamment accusé d'avoir recours à des méthodes contraires aux règles démocratiques, faisant ainsi allusion aux 15 députés CHP transférés, selon lui contre leur gré, au nouveau parti fondé par Meral Aksener, le Bon Parti (IYI).
"Hier, ils avaient transféré 15 députés en pleurs vers un autre parti. Aujourd'hui, ils demandent à leurs électeurs de s'engager dans les comités des candidats à la présidentielle des autres partis. Et cela au nom de la démocratie. Nulle part ailleurs dans le monde, commercialiser des députés et des électeurs à des fins de calculs politiciens n'est conforme aux règles de la démocratie. J'ai bien peur que cette affaire aille jusqu'à la cession complète du CHP (opposition)" a t-il martelé
Le chef de l'Etat a notamment regretté l'absence en Turquie d'une opposition évoluant dans la même catégorie que l'Ak Parti.
"Mon plus grand regret, ces 16 derniers années, c'est de ne pas avoir trouvé une opposition évoluant dans notre catégorie" a t-il souligné sur le ton de la plaisanterie.
Concernant le projet de dialogue amorcé par le gouvernement turc dans le but de mettre un terme aux attaques de l'organisation terroriste PKK et la reprise des opérations militaires, le leader turc a déclaré :
"Nous avons fait preuve de sincérité lorsque nous cherchions à faire aboutir le Projet d'Unité Nationale et de Fraternité, comme lorsque nous avions enterré les terroristes du PKK dans les tranchées qu'ils ont creusées."
A propos du manifeste publié le 22 avril en France et signé par 300 personnalités dont l'ex-président Nicolas Sarkozy et trois anciens chefs de gouvernement, appelant à la caducité de certains versets du Saint Coran, Erdogan a fustigé une initiative qualifiée "d'ignoble".
"En premier lieu, qui êtes-vous pour vous attaquer à ce qui nous est sacré. Nous connaissons votre niveau de bassesse. On ne vous découvre pas avec ça, vous avez toujours agi ainsi, en tout lieu. Sachez qu'en retour nous n'attaquerons pas de la sorte vos livres sacrés. Car nous ne sommes pas ignobles comme vous."