AA/ Le Caire/ Islam Messaad
Plus de deux cents activistes égyptiens observent, depuis hier samedi, une grève de la faim, en vue de revendiquer la libération immédiate des prisonniers d’opinion détenus sur fond de violation de la loi sur les manifestations.
Dans un communiqué rendu public, dimanche, et dont Anadolu a eu copie, un mouvement égyptien de jeunesse a affirmé que « la grève de la faim a pour objectif d’appuyer celui entamé récemment par 82 détenus sur fond de violation de la loi sur les manifestations, ce qui porte à 324 le nombre global des grévistes de la faim, à l’intérieur et à l’extérieur du pays ».
Sept partis avaient appelé, vendredi dernier à durcir le mouvement de protestation contre les autorités dans le cadre d’une campagne baptisée « estomacs vides ».
L’objectif de la grève étant de revendiquer la libération des prisonniers d’opinion et des détenus sur fond de la loi sur les manifestations, avaient expliqué les sept partis dans un communiqué commun publié, vendredi dernier.
Le collectif des partis a appelé également à une grève de la faim « symbolique » au niveau du pays, dans le cadre de la campagne « estomacs vides ».
Jeudi dernier, le Conseil national des Droits de l’Homme en Egypte (gouvernemental) a recommandé aux autorités sécuritaires d’améliorer les conditions de détention des prisonniers politiques et des grévistes de la faim.
La Loi sur les manifestations, adoptée au mois de novembre 2013, ne cesse de susciter d’acerbes critiques en Egypte et à l’étranger en raison de son caractère « liberticide ».
La loi institue l’obligation d’obtenir « une autorisation préalable délivrée par le ministère de l’Intérieur » et fait encourir « des sanctions à l’encontre des contrevenants pouvant aller de l’amende à l'emprisonnement».
La loi accorde également aux forces de la police la faculté de recourir à la force de manière « graduelle » en vue de lever les manifestations contraires à la loi.