AA/ le Caire/ Hajer Dessouki
Les autorités égyptiennes ont, depuis le début de l’année scolaire en cours, démis de leurs fonctions environ 200 enseignants dont l’appartenance à la confrérie des Frères Musulmans a été prouvée. La confrérie étant, depuis le mois de décembre dernier, classé "organisation terroriste" par les autorités égyptiennes.
Héni Kamel porte parole du minisère égyptien de l’Enseignement a déclaré dans une communication téléphonique avec Anadolu que 200 enseignants dont l’appartenance au groupe des Frères Musulmans a été prouvée ont été démis de leurs fonctions et réaffectés dans des poste à vocation administrative.
Il a précisé que le chiffre de 200 annoncé se rapporte à l’année scolaire en cours (qui a démarré le 20 septembre dernier)
Le responsable a souligné que cette décision entre dans le cadre de la politique des autorités égyptiennes qui a interdit les activités de la Confrérie des Frères Musulmans et d’ajouter que la décision a également été motivée par la nature sensible de la fonction d’enseignant, fonction qui requiert une impartialité aussi bien politique qu’idéologique, a-t-il ajouté. Héni Kamel a, cependant, nié que des enseignants aient été licenciés.
Adel al Rayyan membre du syndicat des enseignants et appartenant aux Frères Musulmans a déclaré à Anadolu que les autorités n’ont pas le droit d’écarter des enseignants tant qu’ils n’ont pas porté préjudice à la mission éducative. Selon al Rayyan les enseignants lésés ont le droit de recourir aux tribunaux. Un des enseignants qui travaillait dans une école publique dans la province d’al-Charquia (Delta du Nil) a dit avoir entamé les procédures pour faire prévaloir ses droits par la justice.
Un mouvement de partisans de l'ancien président Mohamed Morsi, qui s’est fait baptisé «Les étudiants contre le coup d’Etat » avait appelé, au début de l’année scolaire à un soulèvement général dans toutes les institutions scolaires du pays. Invitation qui n’a finalement pas eu grand écho.
Plusieurs universités égyptiennes vivent des affrontements entre les étudiants et les forces de la police qui resserrent l’étau sur les éléments proches des Frères Musulmans au sein des universités mais aussi lors des manifestations pro-Morsi.