AA/Bruxelles
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré que le Processus d'Astana a apporté une contribution tangible à la réduction de la violence et à l'avancement du processus politique en Syrie, et que la formation de la Commission constitutionnelle syrienne est en phase finale, et ce, grâce aux efforts conjoints.
C'est ce qui ressort de son allocution prononcée, jeudi, lors de la séance d’ouverture de la conférence "Soutenir l’avenir de la Syrie et de la région", organisée par les Nations Unies (ONU) à Bruxelles.
Cavusoglu a souligné que "trouver une solution pour la guerre en cours depuis 8 ans en Syrie doit être la priorité principale de la Communauté internationale".
Il a affirmé que la Turquie contribue à la solution politique en Syrie à travers le processus d'Astana, en pleine coordination avec les Nations Unies.
"Le processus d'Astana, qui se veut complémentaire des négociations de Genève, a fourni une contribution tangible à la réduction de la violence et à l'avancement du processus politique... Grâce à nos efforts conjoints, nous sommes en phase finale de la formation de la Commission électorale syrienne", a-t-il poursuivi.
Le ministre turc a souligné "qu'après la formation de la Commission constitutionnelle, une atmosphère propice s'installera pour la tenue d'élections libres et équitables en Syrie, sous les auspices de l'ONU".
Par ailleurs, il a noté que le processus d'Astana a également contribué à bâtir la confiance en assurant la libération réciproque des détenus entre le régime d'al-Assad et l'opposition.
Cavusoglu a signalé que "l'accord sur la zone de désescalade dans la province d'Idlib a permis d'éviter une nouvelle tragédie humanitaire et de prévenir une nouvelle vague de migration vers la Turquie et l'Europe".
Il a affirmé que la Turquie s'est engagée dans l'Accord d'Idlib, malgré toutes les provocations, et elle est déterminée à maintenir le calme dans la région.
S'agissant de la décision des Etats-Unis de se retirer de la Syrie et de réduire sa présence militaire, le ministre turc a indiqué qu'il s'agit "d'un nouveau défi".
Il a appelé à prévenir un vide politique et à empêcher le régime syrien et les organisations terroristes, telles que Daech, le PYD et le YPG, de profiter de la situation dans la région.
Cavusoglu a souligné que le retrait américain doit prendre en compte l'intégrité territoriale de la Syrie et les préoccupations sécuritaires de la Turquie.
Il a affirmé que son pays ne restera pas les bras croisés en cas d'attaque menée par les organisations terroristes dans la partie syrienne de la frontière.
Il a ajouté que "la Turquie a prouvé son efficacité dans la lutte contre le terrorisme grâce aux opérations de "Bouclier de l'Euphrate et du Rameau d'olivier menées en Syrie".
Cavusoglu a indiqué que la Turquie veut voir la Syrie stable, démocratique et épanouie, protégeant son intégrité territoriale et son entité politique.
Il a noté qu'Ankara est prête à coopérer avec l'Union européenne et l'ONU à cet égard.
Le ministre turc a souligné que "la poursuite de la crise syrienne est une douleur insupportable, car il y a 5.6 millions de Syriens qui se sont déplacés dans les pays voisins, notamment en Turquie, au Liban et en Jordanie".
Il a avancé que "la Turquie a ouvert ses portes devant 3.6 millions de réfugiés syriens et a dépensé 37 milliards de dollars au profit des Syriens qui se trouvent sur son territoire, en plus d'adopter une politique visant à assurer qu'ils vivent avec le peuple turc en paix et en symbiose".
Dans ce contexte, Cavusoglu a souligné que, grâce aux efforts de la Turquie, 650 milles Syriens poursuivent leur éducation sur un million d'enfants en âge d'être scolarisés.
"La Turquie ne peut pas poursuivre ces efforts toute seule, 300 Syriens naissent chaque jour en Turquie, 400 mille bébés ont été enregistrés au cours des 7 à 8 dernières années", a-t-il martelé.
"Ankara salue les aides fournies par la communauté internationale, mais les contributions apportées restent très faibles par rapport au statu quo", a-t-il martelé.
Il a dévoilé que 320 mille Syriens ont réussi à retourner vers les zones libérées des terroristes par la Turquie en Syrie.
Le ministre turc a noté que "l'Union européenne n'a fourni que 2 milliards d'euro des 3 milliards d'euros promis au soutien des réfugiés".
Il a souligné la nécessité de trouver des solutions meilleures et plus rapides à cet égard, soulignant que la Turquie était un point clé en termes d'assistance humanitaire à la Syrie.