AA/Ramallah/Kaïs Abu Samra
Ahmed al-Majdalani, chargé du dossier du camp de réfugiés palestiniens de Yarmourk (Syrie) à l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), a affirmé que 27 palestiniens ont été tués dans le camp, alors qu'entre 75 et 200 autres ont été enlevés par l’EIIL depuis le début des combats mercredi dernier.
«Les informations sur les morts et les personnes enlevées dans le camp ne sont pas précises en raison de la situation sécuritaire catastrophique», a-t-il déclaré, mercredi, à la radio officielle «Voix de la Palestine».
Al-Majdalani conduit une délégation de l’OLP en Syrie pour examiner la situation des réfugiés palestiniens dans le camp de Yarmouk, au sud de Damas.
Les zones de combats entre l’EIIL et les factions palestiniennes dans le camp se sont élargies au cours des dernières 48 heures, «ce qui signifie que l’EIIL perd du terrain et que des parties du camp ont été libérées», a-t-il indiqué.
«J’ai rencontré hier le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal al-Mokdad et il a été convenu de continuer à assurer des passages sécurisés aux Palestiniens qui fuient le camp ainsi que de leur fournir de nouveaux centres d’hébergement, des aides alimentaires et une prise en charge médicale», a-t-il souligné, ajoutant qu’il doit également rencontrer, aujourd’hui, la ministre syrienne des Affaires sociales, Kinda Chammat.
«Nous soutenons le gouvernement syrien souverain sur ses terres dans ses décisions. Il est certain qu’il veille à assurer la sécurité de tous les citoyens, Syriens et Palestiniens» a-t-ilaffirmé.
Les éléments de l’EIIL ont attaqué, mercredi 1er avril, le camp de Yarmouk, situé à 10 km du centre de Damas. Des affrontements ont éclaté entre eux et des combattants du camp qui se font appeler phalanges de «Aknaf-Beit-al-Maqdis», faisant plusieurs morts et blessés dans les deux camps.
Le journaliste et militant Walid al-Agha, qui se trouve sur place, a déclaré à Anadolu que l’EIIL contrôle près de 90% du camp après cinq jours de combats. Les combattants de «Aknaf-Beit-al-maqdis», retranchés au nord-est de la ville, se retrouvent encerclés par les forces du régime [syrien] côté nord et l’EIIL côté sud.
«La situation humanitaire est alarmante et nécessite une plus grande mobilisation des organisations internationales qui doivent faire pression sur le régime pour acheminer l’aide et de plus grands quantités de nourriture et de médicaments vers la population locale», a-t-il souligné.
Le camp de Yarmouk est encerclé par les forces de sécurité du régime syrien depuis plus de trois ans. Lundi le Conseil de sécurité de l’ONU a réclamé un accès des agences humanitaires au camp pour évacuer les milliers de Palestiniens pris au piège.
D’après le réseau syrien des droits de l’Homme, les derniers affrontements ont poussé près de 185 mille des habitants du camp à abandonner leurs maisons et à fuir vers d’autres régions de Syrie ou dans les pays voisins. D’autres statistiques indiquent qu’un demi-million de Syriens et de Palestiniens vivaient dans le camp avant le début de la crise syrienne en 2011. Une grande partie d’entre eux aurait fui les violences et il n’en resterait que près de 20 mille aujourd’hui.
Depuis mars 2011, l’opposition syrienne demande la fin de 44 ans de règne de la famille al-Assad. Des affrontements avec les forces du régime ont plongé le pays dans un tourbillon de violences qui ont déjà fait plus 220 mille morts et 10 millions de déplacés.