AA/Bujumbura/Jean Bosco-Rénovat Ndabashinze
Le 26 juin pour les élections législatives et communales, le 13 juillet, pour la présidentielle et le 24 juillet pour le scrutin sénatorial, telles sont les nouvelles échéances proposées lundi, par la commission électorale Indépendante du Burundi (CENI).
Les dates, initialement prévues, étaient le 5 juin pour les Législatives, le 26 juin pour le premier tour de la Présidentielle et le 17 juillet pour les Sénatoriales.
Pierre Claver Ndayicariye, président de la CENI, a dévoilé ce nouveau calendrier, lundi dans l'après-midi, lors d'une réunion avec des représentants de la classe politique burundaise et en l'absence de l'opposition qui a boycotté la réunion.
Pour Ndayicariye "le report des élections proposé par le Sommet de Dar-es-Salaam (tenue le 31 mai), est bénéfique car il permettra aux candidats de mieux s’organiser et de mieux assainir le climat quant aux divergences actuelles et sera donc un préalable pour la tenue de bonnes élections". Il estime, cependant, que sur le plan technique, "les nouvelles dates risquent de compromettre les échéances" des mandats de certaines institutions élues en 2010.
Seuls quelques partis proches de la mouvance présidentielle, notamment, l’Union pour le progrès national, Uprona, aile reconnue par le pouvoir, le Front national de libération, Fnl, aile reconnue par le pouvoir, ont été présents à cette réunion qui fût, également, une occasion pour se pencher sur les recommandations du dernier sommet de Dar-es-Salaam relative à la crise burundaise.
"La CENI est incomplète, deux de ses membres ont démissionné, elle ne peut donc plus rien décider", a déclaré, à Anadolu, sous couvert de l'anonymat, un des leaders de l’opposition.
"La CENI n’existe plus en tant qu'entité depuis que deux de ses membres l'ont quittée" a, pour sa part fait remarquer le député Charles Nditije, de la Coalition de l'opposition‘’ Amizero y’Abarundi’’ (Espoir des Burundais), citant l’article 90 de la Constitution burundaise, qui spécifie que pour prendre des décisions, la CENI doit se prévaloir de ses cinq memebres.
Réunis le 31 mai à Dar-Es Salem en Tanzanie, les chefs d’Etats des pays membres de la communauté d’Afrique de l’Est (CEA) ont demandé un report du calendrier électoral d'au moins un mois et demi, le désarmement urgent des mouvements de jeunesse armés et ont encouragé le gouvernement burundais à "créer toutes les conditions nécessaires pour le retour des réfugiés (burundais) dans leur pays".