AA/Sanâa/Imen Nassar
Le vice-président et chef du gouvernement yéménite Khaled Bahah a affirmé qu’il faut arrêter les combats au Yémen, en particulier à Aden, avant de pouvoir discuter d’une initiative pour résoudre la crise.
Khaled Bahhah a affirmé dans une conférence de presse, tenue jeudi à Riyad, la capitale saoudienne: «Il n’est pas possible d’accepter une quelconque initiative pour résoudre la crise au Yémen sans arrêter la machine de guerre sur le terrain et surtout à Aden, qui est la clef de la solution et de la paix».
Mais Bahah a précisé, en réponse à une question à ce sujet: «Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons officiellement reçu aucune initiative pour la résolution de la crise».
En réponse à une question sur le retour au Yémen du président Abedrabbo Mansour Hadi (actuellement en Arabie Saoudite), Bahah a déclaré: « Le retour du président Hadi et du gouvernement au Yémen dépend de la situation sécuritaire ».
Bahah a refusé de faire assumer la responsabilité de l'échec du dialogue à l’émissaire de l’ONU Jamal Benomar. «Nous ne devons pas le blâmer si le dialogue échoue » a-t-il souligné.
Le porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, Estefan Dogrec, a déclaré mercredi dans un communiqué, que « Jamal Benomar, a exprimé le souhait d’être chargé d’une autre mission ».
Le vice-président yéménite a affirmé «Nous allons travailler dans le cadre d’un gouvernement restreint à partir de Riyad, en Arabie Saoudite, jusqu’à notre retour au Yémen ». Soulignant que son gouvernement « attache la plus grande importance à la question du secours humanitaire, et a besoin d’urgence d’une intervention internationale et régionale pour distribuer des aides». « Nous avons formé un comité chargé du secours humanitaire » a-t-il précisé.
En réponse à une question sur l'intention de son gouvernement de transférer la capitale de Sanaa à Aden, Bahah a déclaré que Sanaa demeure aujourd'hui la capitale politique du Yémen. Mais précise toutefois que « constitutionnellement, il est permis au président de la République, de transférer la capitale dans une autre ville », avant de marteler : « Sanâa reste à ce jour la capitale du Yémen ».
Quant aux Houthis, ils constituent, selon Bahah, « une partie du tissu social yéménite ...Et nous saluons celui, parmi eux, qui jette les armes pour devenir un acteur politique» ajoute-t-il à leur sujet.
Mohamed al-Bakhiti, membre du bureau politique du mouvement Houthi, a déclaré à Anadolu, plus tôt dans la journée: «Nous continuons à appeler à la reprise du dialogue, en toutes circonstances, et sans conditions préalables». Le responsable Houthi soulignera même que «l’arrêt de ‘l’agression’ [en référence à la Tempête de fermeté, ndlr], n’est pas une condition pour poursuivre le dialogue».
Mansour Hadi avait émis, dimanche dernier à Riyad, «un décret présidentiel nommant Khaled Mahdoudh Bahah Vice-président du Yémen, en le maintenant à son poste de Premier-ministre».
Khaled Bahah a prêté serment, lundi dernier, au siège de l’ambassade yéménite à Riyad, dans la capitale saoudienne, devant le Président Abd Rabo Mansour Hadi.
Depuis le 26 mars, les avions de la coalition menée par l’Arabie Saoudite poursuivent les raids contre des positions militaires des Houthis et des groupes alliés à l’ancien président Ali Abdallah Salah, dans le cadre de l’opération «Tempête de fermeté» qui répond, selon Riyad, à l’appel du président Abdrabbou Mansour Hadi à «intervenir militairement pour protéger le Yémen et son peuple de l’agression des milices Houthies ».