AA - Berlin - Bilal Muftuoglu
Le mouvement xénophobe et anti-islam, PEGIDA, ''Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident'', connaît des divisions après la démission imposée de son leader.
Cinq directeurs de PEGIDA ont quitté le mouvement basé à Dresde pour créer une organisation alternative.
Rene Jahn, ancien vice-président de PEGIDA, a informé que le nouveau groupe a demandé une autorisation de manifester pour le 9 février et organisera une conférence de presse samedi pour annoncer son nom officiel et sa direction.
Selon le quotidien de Saxe, Saechsiche Zeitung, le mouvement serait intitulé ''mouvement pour une démocratie directe en Europe''.
Lutz Bachmann, ancien président de PEGIDA avait dû démissionner suite à la parution de sa photo le montrant déguisé en Adolf Hitler. Jahn a souligné à cet égard le besoin de marquer leur dissociation du mouvement.
''La raison, c'est le maintien de (Lutz) Bachmann dans l'équipe d'organisation, et le manque de distanciation avec Legida à Leipzig'', un mouvement jugé plus radical selon les services de renseignement, a précisé Jahn.
La porte-parole de PEGIDA Kathrin Oertel avait aussi démissionné pour contester l'association de PEGIDA avec Legida. Le mouvement avait de suite annulé sa manifestation qui devait se tenir lundi dernier à Dresde.
Les manifestations du PEGIDA, groupe fondé par Lutz Bachman (41 ans), poursuivi en justice pour cambriolage, agression et utilisation de drogue, avaient débuté avec 350 personnes le 20 octobre à Dresde et atteint leur apogée le 12 janvier, suite aux attentats terroristes en région parisienne, avec 25 000 participants. Le dernier rassemblement le 25 janvier avait réuni près de 17 000 personnes.
Des groupes s'inspirant de PEGIDA s'étaient étendus à travers l'Allemagne, avec des organisations comme Baergida à Berlin, Koegida à Cologne, Bagida à Munich et Lagida à Leipzig.