AA – Ankara – Naz Altinsoy
L’enquête lancée après la découverte d’un programme de surveillance opéré par le service de renseignement interne de la Basse-Saxe à l’encontre des journalistes d’extrême gauche, a révélé par ailleurs que des milliers de musulmans avaient été fichés et surveillés pendant des années.
La commission d’enquête indépendante nommée par le ministère de l’Intérieur du Land de Basse-Saxe, a montré que plus de 9 000 personnes ont été fichées entre 2006 et 2013 par l’Office fédéral de protection de la constitution. 3 737 personnes avaient été suspectées d'appartenir à l’extrême droite, près de 2000 autres à l’extrême gauche et 3 656 ont été considérées sous influence de groupes musulmans ou radicaux.
Dans le rapport soumis au ministère, la commission indique qu’une centaine d’immigrés musulmans avaient été mis sous surveillance pour avoir été régulièrement présents à la prière du vendredi, indiquant qu'un tel fichage était tout à fait illégal. Certains mineurs ont également été fichés.
Selon les dispositions légales, les mesures de surveillance ne peuvent être adoptées qu’à l’encontre des individus pris en flagrant délit de violence ou s'il existe des indices sérieux de culpabilité. Or la participation aux prières du vendredi ne constitue en aucun cas un délit.
L’Office fédéral de la protection de la constitution, responsable du renseignement interne des seize régions allemandes, est accusé de criminaliser systématiquement les musulmans et de sous-estimer la menace de l’extrême droite. La coalition entre le parti des Verts et le parti social-démocrate au pouvoir depuis 2013 compte réformer l'institution en question.