AA/Kaboul (Afghanistan)/ Shadi Khan Saif
Les forces gérées par l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) en Afghanistan ont rapidement réagi à un rapport d’Amnesty international accusant les forces armées étrangères, présentes dans le pays, de «crimes de guerre» sur une période de quatre ans. Les forces de l'OTAN affirment qu’elles enquêtent systématiquement sur toute information concernant des abus.
«Les informations font l’objet d’enquêtes rigoureuses et des actions appropriées sont prises pour réduire lenombre des victimes civiles dans les opérations militaires suivantes » a déclaré, lundi, la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) dirigée par l'OTAN, dans un communiqué officiel.
Lundi, l’organisation de défense des droits de l’Homme basée à Londres, Amnesty International, a publié un rapport intitulé « Left in the Dark » qui se concentre sur les frappes aériennes et les descentes de nuit des forces armées des Etats-Unis et accuse la FIAS d’avoir permis que des «Crimes de guerre» ne fassent pas l’objet d’enquêtes et demeurent impunis.
Lors d’enquêtes sur dix incidents ayant eu lieu entre 2009 et 2013, Amnesty a découvert que 140 civils ont été tués, dont des femmes enceintes et au moins 50 enfants. L’ONG a mené des entretiens auprès de 125 témoins et victimes, ainsi qu'auprès des membres de leurs familles.
« Dans plusieurs des cas mentionnés dans le rapport, l’armée américaine ou l’OTAN affirme qu’une enquête est en cours, mais ni l'une ni l'autre ne publie d'informations concernant les progrès de l’investigation, laissant les victimes et les membres de leurs familles dans l'ignorance» explique Amnesty.
La FIAS a pour sa part affirmé qu’elle examinait actuellement le rapport d’Amnesty et qu’elle répondrait prochainement en conséquence.
La question des victimes civiles (20 000 depuis 2001) constitue depuis longtemps une pomme de discorde entre l’administration du président afghan sortant, Hamid Karzai, et ses alliés occidentaux.
Karzai a critiqué à maintes reprises les attaques de nuit et les frappes aériennes des forces de l’OTAN dans des zones civiles.