Majdi Ismail
20 Novembre 2024•Mise à jour: 21 Novembre 2024
AA / Tunis / Majdi Ismail
Le président français Emmanuel Macron a vanté mercredi l’accord commercial ‘’respectueux’’ de l’Union européenne avec le Chili lors de sa rencontre mercredi avec son homologue chilien Gabriel Boric, à Santiago, dernière étape de sa tournée en Amérique latine.
Le traité entre l’Union européenne et le Chili est ‘’un bon accord’’ qui devrait « inspirer » d’autres, ‘’parce qu’il fait partie de cette nouvelle génération qui est respectueuse des intérêts de part et d’autre’’, a déclaré le président français, cité par Mediapart.
Ces propos interviennent à l’heure de la contestation de l’accord UE-Mercosur dans l’Hexagone, menée, entre autres, par la Coordination rurale (CR), syndicat en pointe dans la mobilisation agricole en France qui a multiplié les actions-chocs ces derniers jours.
Pour rappel, le président français Emmanuel Macron, avait déclaré dimanche dernier, depuis Buenos Aires, que ‘’la France ne signerait pas en l'état’’ l'accord UE-Mercosur, soulignant que ‘’l'agriculture française et européenne n'est pas un facteur d'ajustement à de mauvais accords’’.
L'accord entre l’UE et les pays latino-américains du Mercosur (l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et la Bolivie) est sous le feu des critiques, ses détracteurs l’accusant notamment de contribuer à importer plus de produits agricoles dans l’UE sans pour autant respecter toutes ses règles, favorisant une concurrence déloyale et exerçant une pression sur le marché européen.
‘’C’est un accord [UE-Chili] commercial qui est cohérent avec nos ambitions climatiques et de biodiversité’’, a estimé Emmanuel Macron, son homologue Gabriel Boric s’est aussi dit ‘’fier de ce traité de dernière génération’’.
Emmanuel Macron s’était auparavant rendu en Argentine et au Brésil, les poids lourds du Mercosur. Le chef de l’Etat français n’a eu de cesse de répéter tout au long de sa tournée, qu’il refusait l’accord UE-Mercosur ‘’en l’état’’. Il croit d’ailleurs avoir trouvé un allié à sa position sur le sujet en la personne du chef de l’Etat argentin Javier Milei.
Avant de rencontrer des hommes d’affaires chiliens ce mercredi, Emmanuel Macron a aussi dit espérer que la France soit un ‘’partenaire du Chili en matière d’extraction et de valorisation du lithium’’ et ‘’du cuivre’’, pour ‘’faire face à (ses) besoins en termes d’uranium’’, rapporte Mediapart.
Le chef de l’Etat français est arrivé dans la nuit de mardi à mercredi à Santiago en provenance de Rio de Janeiro, où il avait participé au sommet du G20, après une première escale en Argentine où il a rencontré Javier Milei.
Le président argentin n’ayant pas bloqué le communiqué final du G20, Emmanuel Macron a salué mardi le fait que l’Argentine soit ‘’restée dans le consensus’’.
‘’Pendant que d’autres pays optent pour le négationnisme, le Chili choisit le multilatéralisme’’, a lancé le dirigeant chilien Gabriel Boric.
Paris et Santiago ont signé un accord en vue de la création d’un centre franco-chilien dédié à l’intelligence artificielle, souligne Mediapart.
Emmanuel Macron devra s’entretenir aussi avec le cardinal Fernando Chomali, l’archevêque de Santiago, ‘’pour ne pas oublier le rôle de l’Eglise chilienne dans la protection des opposants à l’époque de la dictature’’ militaire d’Augusto Pinochet (1973-1990), précise l’Elysée.
Jeudi 21 novembre , avant de regagner Paris, le dirigeant français se rendra à Valparaiso, pour prononcer un discours sur la relation avec l’Amérique latine devant le Congrès chilien qui siège dans cette ville.
Emmanuel Macron et Gabriel Boric doivent également aller, le même jour, sur le brise-glace ‘’Almirante Viel’’ de la Marine chilienne, mis en service l'été dernier.
Les deux présidents y lanceront un ‘’appel de Valparaiso’’ pour ‘’préparer la Conférence des Nations unies sur les océans’’ prévue en juin prochain à Nice, dans le sud-est de la France.