Mounir Bennour
03 Décembre 2020•Mise à jour: 03 Décembre 2020
AA / Yémen / Chokri Hussein
L'Association des agents de change (non-gouvernementale) d'Aden a annoncé mercredi soir, la fermeture de tous les bureaux de change, suite à la dévaluation importante de la monnaie locale.
Le riyal yéménite a subi un effondrement historique face au dollar, et ce, pour la première fois depuis le début de la guerre dans le pays. Le taux de change d'un dollar a, en effet, atteint les 880 riyals au cours des deux derniers jours.
Dans une circulaire adressée aux réseaux locaux de transfert financier, l'association a appelé tous les propriétaires de bureaux de change, d'institutions, d'établissements et de réseaux du secteur bancaire de la ville d'Aden, à fermer leurs locaux à partir de ce jeudi.
Elle a d'ailleurs expliqué la raison de la décision de clôture de tous les bureaux de change par "l'intérêt public qui exige cette mesure face à la grande dévaluation de la monnaie locale face aux devises internationales, qui a atteint un taux inédit".
Ce n'est pas la première fois que l'Association des agents de change annonce la clôture de tous les bureaux de change à Aden en raison de la grande dévaluation de la monnaie locale, au vu de l'incapacité du gouvernement à trouver une solution aux difficultés qui sévissent dans le quotidien de la plupart des Yéménites.
Le Programme alimentaire mondial des Nations unies a déclaré mardi que la valeur du riyal yéménite a chuté de 250 % depuis le début de la guerre.
La guerre au Yémen, qui se poursuit pour la sixième année, a engendré l'une des pires crises humanitaires au monde, avec la dépendance de 80 % de la population à l'aide extérieure. Le conflit fait planer le spectre de la famine sur des millions de personnes dans le pays.
La situation est d'autant plus complexe que s'y mêlent différentes parties étrangères, à savoir la Coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite, qui mène depuis mars 2015 des opérations militaires au Yémen en soutien aux forces gouvernementales, face aux Houthis soutenus par l'Iran, et qui contrôlent plusieurs provinces, dont la capitale Sanaa où vit plus de la moitié de la population du pays.
*Traduit de l'arabe par Mounir Bennour