Majdi Ismail
06 Janvier 2021•Mise à jour: 07 Janvier 2021
AA/ Soudan
Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a affirmé mercredi la volonté de son pays de parvenir à un accord contraignant sur les négociations du barrage éthiopien de la «Renaissance».
C'est ce qui ressort de l’entretien entre Mnuchin et le président du Conseil de souveraineté soudanais, Abdel Fattah Al-Burhan, dans la capitale Khartoum, indique un communiqué dudit Conseil.
« Washington souhaite vivement que l'Egypte, le Soudan et l'Ethiopie parviennent à un accord contraignant au sujet des règles de remplissage et d'exploitation du barrage de la Renaissance », a souligné le secrétaire américain au Trésor.
De son coté, Al-Burhan a souligné la volonté de son pays de développer des relations stratégiques avec les États-Unis dans tous les domaines, notamment économique, selon le même communiqué.
Cette rencontre intervient deux jours après le refus du Soudan de participer à une réunion tripartite par visioconférence, avec l’Égypte et l’Éthiopie dans le cadre des négociations du barrage de la Renaissance.
Le ministère soudanais des Ressources en eau, de l’Irrigation et de l’Electricité, avait indiqué lundi dans un communiqué, qu'il avait soumis une demande pour tenir une réunion bilatérale avec les experts de l'Union africaine et des observateurs, mais qu'il n'avait pas reçu de réponse à sa demande, ce qui a incité le Soudan à boycotter la réunion de lundi dernier avec l’Égypte et l’Éthiopie.
Il avait souligné dans ce sens l'attachement de Khartoum au processus de négociation, sous les auspices de l'Union africaine, en application du principe « des solutions africaines aux problèmes africains », à condition que les experts jouent un rôle plus efficace pour faciliter les négociations.
Les trois pays se sont engagés dans des négociations sur le barrage au cours des 9 dernières années, qui sont restées au point mort, au milieu d'accusations réciproques entre Le Caire et Addis-Abeba d'intransigeance et de vouloir imposer des solutions irréalistes.
Addis-Abeba envisage de démarrer le remplissage du barrage de la Renaissance cette année, pendant la saison des pluies, qui coïncide avec le mois de juillet prochain. Le Soudan et l’Egypte refusent cette décision unilatérale.
Le barrage de la Renaissance, édifié par l’Ethiopie sur le Nil (Nil bleu), suscite les craintes de l’Egypte quant à la diminution de sa part annuelle des eaux du fleuve.
La partie éthiopienne affirme que le barrage lui sera d’une grande utilité, notamment en matière de production d’énergie, et qu’il ne causera aucun préjudice, ni à l’Egypte ni au Soudan.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail