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09 Juillet 2021•Mise à jour: 10 Juillet 2021
AA / Beyrouth
Les pharmacies libanaises ont entamé une grève ouverte, ce vendredi, pour protester contre l'impossibilité de recevoir les quantités requises de médicaments pendant un certain temps, et l'absence de nouveaux mécanismes liés à la subvention d'un certain nombre de médicaments par la Banque du Liban (la Banque centrale).
La grève générale ouverte a été annoncée par l'Association des propriétaires de pharmacies, dans la journée du jeudi, et elle s’étendra sur l'ensemble du territoire libanais, à partir de vendredi matin, jusqu'à ce que le ministère de la Santé promulgue des règlements pour les médicaments et leur classification selon l'accord conclu avec la Banque centrale.
L'Association des Propriétaires de Pharmacie a estimé, dans un communiqué, que la réglementation des médicaments et leur classification est le seul moyen qui obligera les importateurs à libérer les médicaments pour lesquels la Banque du Liban leur avait maintes fois promis de débourser des crédits.
Le gouverneur de la Banque du Liban, Riyad Salameh, a annoncé, lundi dernier, qu'il paierait les crédits et factures liés aux médicaments importés de l'étranger, notamment les médicaments pour les maladies chroniques et incurables.
Salameh a déclaré, dans un communiqué, que les crédits et les factures seront payés selon les priorités fixées par le ministère de la Santé publique.
Dans un contexte parallèle à la grève, le doyen du Syndicat des pharmaciens, Ghassan Al-Amin, a révélé, dans une interview à la radio "Voix du Liban" (privée), une percée dans le dossier de la crise des médicaments en début de semaine prochaine.
La présidence de la République a publié un communiqué, en début du mois de juillet, annonçant l'accord de poursuivre la politique de soutien aux médicaments et fournitures médicales.
La crise des médicaments au Liban a été exacerbée par l'échec de la Banque centrale à lui assigner de nouveaux crédits pendant plus d'un mois, en plus de l'aggravation de la contrebande et du monopole du stockage des médicaments, selon des responsables libanais.
Habituellement, la Banque du Liban sécurise les fonds nécessaires pour soutenir l'importation de médicaments en provenance de l'étranger, mais la diminution de ses réserves en devises a provoqué une pénurie de liquidités qui a affecté les importations.
La Banque du Liban soutient l'importation de médicaments pour éviter la flambée de leurs prix, en couvrant la différence entre le taux de change officiel du dollar, qui s'élève à 1 515 livres, et son taux sur le marché parallèle, qui s'élève à environ 18 000 livres.
Depuis un an et demi, le Liban connaît une grave crise économique qui a entraîné une grave détérioration financière, la perte de pouvoir d'achat de la plupart des citoyens, ainsi qu'une augmentation sans précédent des taux de pauvreté.
* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.