Serap Doğansoy
22 Octobre 2025•Mise à jour: 22 Octobre 2025
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
La France a réaffirmé son soutien à l’Ukraine tout en appelant à la prudence concernant le projet de « prêt de réparation » actuellement débattu à Bruxelles. Ce dispositif, porté par la Commission européenne, permettrait à Kiev de bénéficier rapidement de fonds issus des intérêts générés par les avoirs russes gelés, qu’elle rembourserait ultérieurement grâce aux réparations de guerre versées par Moscou dans le cadre d’un futur accord de paix.
L’Europe se rapproche d’un accord sur cette initiative. Elle a donné son feu vert à la Commission pour présenter une proposition juridique visant à accorder à Kiev un prêt de 140 milliards d’euros. Ce mécanisme, s’il est adopté, mobiliserait les avoirs de l’État russe bloqués depuis l’invasion de février 2022 afin de financer l’effort de guerre ukrainien pour encore deux à trois ans.
Les 27 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne devraient approuver cette orientation lors du Conseil européen de Bruxelles ce jeudi. Pour Kiev, cette mesure est jugée vitale, alors que le pays fait face à un déficit budgétaire estimé à 60 milliards de dollars et à une baisse du soutien américain.
Le porte-parole du Quai d’Orsay, Pascal Confavreux, a salué « l’unité des Européens » dans leur soutien à l’Ukraine, sur les plans militaire et financier, tout en insistant sur la nécessité de garantir la légalité et la soutenabilité du dispositif.
Paris souligne plusieurs points de vigilance notamment le respect du droit international, l’interdiction de confisquer les avoirs russes en espèces, et un partage équitable du fardeau entre les membres du G7.
Paris a également plaidé pour qu’« une part substantielle des fonds européens soit consacrée à l’achat de matériel militaire européen par l’Ukraine », estimant que ces ressources doivent aussi renforcer la base industrielle et de défense du continent.
Ce dossier sera au cœur des discussions du Conseil européen de Bruxelles cette semaine.