Ferhat Yasak, Aladdin Mustafaoğlu
23 Septembre 2026•Mise à jour: 23 Septembre 2026
ISTANBUL (AA)
Le vice-président turc, Cevdet Yilmaz, a déclaré mercredi que les exportations de la Türkiye avaient fait preuve de résilience malgré la nette détérioration de la conjoncture régionale et mondiale, soulignant qu’elles avaient frôlé les 400 milliards de dollars en 2025, atteignant ainsi un niveau record.
Yilmaz s’exprimait lors de la cérémonie d’ouverture du Salon international du commerce « MUSIAD EXPO 2026 ».
Anadolu participe en tant que partenaire média mondial à la 21ᵉ édition du salon, qui a débuté mercredi au Centre des expositions d’Istanbul.
Le vice-président turc a indiqué que l’économie et le commerce mondiaux évoluaient de manière fluctuante dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, la montée du protectionnisme ainsi que les transitions verte et numérique.
Il a expliqué que la guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran continuait de peser sur les perspectives du commerce mondial des biens et des services pour 2026, tout en faisant grimper les coûts logistiques et en alimentant les pressions inflationnistes à travers les prix des matières premières, notamment ceux de l’énergie.
« Malgré les évolutions défavorables de la conjoncture économique mondiale, l’économie turque affiche une situation plus positive que celle d’autres pays et régions, grâce à sa capacité de production et à la vigueur de ses exportations », a-t-il affirmé.
Yilmaz a rappelé que le revenu national de la Türkiye, qui ne s’élevait qu’à 239 milliards de dollars en 2002, avait atteint 1 600 milliards de dollars en 2025, ajoutant qu’il devrait dépasser 1 800 milliards de dollars d’ici à la fin de l’année en cours.
« De même, alors que notre revenu par habitant n’était que de 3 600 dollars en 2002, il a dépassé 18 000 dollars en 2025. Nous prévoyons que le revenu national par habitant atteindra environ 20 000 dollars d’ici à la fin de cette année », a-t-il poursuivi.
Le vice-président turc a relevé que les taux de croissance et les échanges commerciaux mondiaux étaient en recul, notamment en Europe ainsi que dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, qui représentent ensemble près de 70 % des destinations des exportations turques.
Il a souligné que, malgré la nette détérioration des conditions régionales et mondiales, les exportations de la Türkiye avaient démontré leur capacité de résilience.
Yilmaz a rappelé que les exportations de biens de la Türkiye s’élevaient à 36 milliards de dollars en 2002.
« Au cours de cette période, nous les avons multipliées par 7,6 pour atteindre 273,2 milliards de dollars l’année dernière. En rythme annuel, nos exportations ont atteint 280 milliards de dollars à fin août 2026 », a-t-il précisé.
Et d’ajouter : « Si nous considérons l’ensemble du commerce des biens et des services, nos exportations de biens et de services s’élevaient à 50 milliards de dollars en 2002. Nous les avons multipliées par huit en 2025, les portant à près de 400 milliards de dollars, un niveau record. »
Yilmaz a également indiqué que les efforts se poursuivaient afin de diversifier les marchés et de développer les échanges commerciaux avec différents pays, à travers des stratégies ciblant notamment les marchés lointains, les pays musulmans et les pays africains, dans le but de développer et de diversifier les exportations de biens et de services.
« Nous souhaitons renforcer l’influence de la Türkiye sur les flux commerciaux suivant les axes Est-Ouest et Nord-Sud, grâce à de nouvelles liaisons ferroviaires telles que la Route du développement, le Corridor médian et le Corridor de Zanguezour », a-t-il déclaré.
Évoquant l’importance historique du chemin de fer du Hedjaz, Yilmaz a indiqué que la Türkiye envisageait désormais cet itinéraire sous un nouvel angle, compte tenu des conditions actuelles dans le monde, se disant convaincu qu’il pourrait apporter une contribution importante à la stabilité régionale.
Le vice-président turc a, par ailleurs, souligné que la Türkiye bénéficiait d’une forte stabilité politique ainsi que d’un leadership déterminé et expérimenté.
« Tout comme nous disposons d’une stabilité politique, les fondamentaux de notre économie sont également solides. Regardez notre budget : notre déficit se situe autour de 3 %, avec de légères variations à la hausse ou à la baisse selon les années », a-t-il expliqué.
Yilmaz a enfin indiqué que le déficit du compte courant évoluait récemment sous la barre des 2 %.
Selon lui, il devrait légèrement dépasser 2 % cette année sous l’effet des prix de l’énergie, tout en restant à des niveaux maîtrisables.
*Traduit de l'arabe par Wafae El Baghouani